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UN DIMANCHE EN PRISON 

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En pénétrant dans l’ex-prison Jacques Cartier, conçu par l’architecte Jean-Marie Laloy (1851-1927), on n’entend pas les cris des prisonniers, on ne sent pas les odeurs. Les taulards ne sont plus là depuis de dix ans. Mais on imagine aisément l’horreur du quotidien, les secrets inavoués, les suicides des malheureux, les souffrances des condamnés à mort. 

Dans cet endroit de privation de liberté, à l’occasion des Journées du patrimoine, les Rennais découvrent à la queue le leu les cellules étroites, les fenêtres grillagées, les toilettes pour trois, les murs sales, les judas…. Les parents sont silencieux et les enfants posent mille questions. Parfois, un visiteur lève la tête et aperçoit le seul horizon des prisonniers : le plafond. 

En file indienne, les Rennais saluent l’architecture soignée où les pierres du pays (schiste, grès) agrémentent les façades. Ils sont impressionnés par cette rotonde s’élevant dans le ciel où, sous laquelle, les 125 surveillants se croisaient au gré de leurs pérégrinations quotidiennes. Mais tous ne sont pas mécontents de sortir à l’air libre dans la cour des détenus où aujourd’hui des graffeurs s’en donnent à cœur joie sur les murs gris et sous les barbelés.

Thérèse Pierre et Pierre Dordain, responsables de réseaux à Fougères et Mordelles, sont torturés et meurt à la prison en 1943.

Une fois dehors, les discussions vont enfin bon train sur les tentatives d’évasion (nombreuses dans les dernières années), sur la vétusté du lieu, sur la surpopulation pénitentiaire (473 pensionnaires pour 326 places disponibles en 2007). Mais tous ont une question : que va devenir l’endroit ?  « Tout est encore à imaginer, à créer et à transformer pour que cet élément majeur de notre patrimoine continue à vivre », écrit Nathalie Appéré, maire de Rennes. Ce week-end, les milliers de Rennais lui ont peut-être prouvé que cet endroit pouvait être aussi un lieu de découverte du monde carcéral. À 18 h, ce samedi, 4768 personnes étaient déjà sorties de la prison, presque tout autant y est déjà entré ce dimanche matin. 

Infos + : Le premier condamné à mort est un valet de ferme de 24 ans, Fernand Lagadec, pour l’assassinat de son père. Il est guillotiné le 20 mai 1922. Le second est Maurice Pilorge, un cambrioleur de 25 ans, reconnu coupable d’avoir tué un de ses complices. Il est exécuté le 5 février 1939. 

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jean-christophe collet

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