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SUR LES TRACES DE VICTOR HUGO : GUERNESEY SOUS INFLUENCE FRANÇAISE

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« Les îles de la Manche sont des morceaux de France tombés à la mer et ramassés par l’Angleterre. De là une nationalité complexe. Les Jersiais et les Guernesiais ne sont certainement pas anglais sans le vouloir, mais ils sont français sans le savoir », écrivait dans les Travailleurs de la mer, Victor Hugo, le plus célèbre des Français de Guernesey. « Si historiquement Jersey et Guernesey sont anglaises, géographiquement, mais aussi culturellement, elles sont très proches de la France, du moins l’étaient-elles encore, au XIXe siècle, lorsqu’Hugo rédigeait ces lignes », ajoute Michel Monteil, universitaire anglophone. 

Le poids de la Reine !

En se rendant pour la première fois (ou la énième fois) à Guernesey, on se rend compte que l’influence française est partout présente. À Saint Peter Port, la ville est ainsi parsemée d’inscriptions en français. Sur l’une des places principales, des bâtiments publics portent des mentions françaises (« édifié par les états », « poids de la reine »). Dans l’église toute proche, c’est le même son de cloche… « En attendant la bienheureuse résurrection, ici reposent les corps de Dame Marguerite Le Marchant et de William Le Marchant », peut-on y lire dans un impeccable Français. 

Dans le même édifice, un monument est « érigé à la mémoire du meilleur des pères (Jean Rougier) par Suzanne, sa fille cadette ». Plus haut dans le vieux quartier, on tombe sur deux inscriptions gravées dans la pierre où on y déchiffre « garçons » et « filles » (sans doute pour indiquer l’entrée de deux écoles). Non loin, l’église Notre-Dame du Rosaire est une enclave française. Cette mission catholique fut fondée en 1793 et construite par les soins du père Navet. Son autel offert par le général de Gaulle « himself » fut consacré bien plus tard par deux fois le 4 août 1963 et le 4 juillet 1968. 

Un banc en granite est situé à deux pas de Notre-Dame du Rosaire. Il rend hommage au chanoine Maurice Lecluze (1921-2003) »

Partout dans l’île, les maisons sont baptisées par des patronymes qui sentent bon la France. Difficile d’en dresser une liste à la Prévert. Mais on retiendra « vue de l’Est », « l’écume de mer », « Saint-Suliac », « chanson de la mer », « Chenonceaux » « chez nous » et « Sable d’or ». Parfois, le promeneur tombera sur des expressions inspirées de notre bonne vieille prose (terre à l’amende), sur des lieux-dits francisés (Les Frances) ou sur des monuments aux morts en français…

Victor Hugo ne fut pas le seul artiste à se rendre à Guernesey. Pierre-Auguste Renoir peignit une quinzaine de tableaux de baie du Moulin Huet. »

Toute aussi curieuse est cette pierre où il est gravé dans la langue de Molière : « cette route a été inaugurée par Son Altesse Royale le prince de Galles ».Ici où là, les rues portent également des noms aux consonances françaises (route des Sages, rue du Galaad, ruette tranquille). Mais sans nul doute, Hauteville House reste le lieu le plus français. La Maison de Victor Hugo (propriété de la ville de Paris et rénovée par les bons soins de François Pinault) est truffée de poèmes et de belles lettres en français dans le texte. Dans le jardin de la demeure, on peut ainsi lire : « l’humanité dit l’être, l’éternité dit l’âme ». Guernesey reste assurément la plus française des îles anglo-normandes !

 

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jean-christophe collet

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