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mardi 23 avril 2024
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MANIF : HUGO ET SES AMIS ONT FAIT PLIER LA MAIRIE

Il a la barbe du Che et le sourire de l’étudiant bien dans ses baskets. Il a la mine fatiguée mais le regard rempli de passion. Lui, c’est Hugo Poidevin. Un jeune parmi tant d’autres qui veut devenir professeur d’histoire. Un jeune soucieux de se battre contre la loi du travail El Khomri.

De gauche, Hugo en veut au gouvernement d’avoir pondu une telle réforme. Il en veut maintenant au maire de Rennes, Nathalie Appéré, de ne pas avoir dit un mot de compassion à l’égard de Jean-François, éborgné par un tir de flash-ball, le jeudi 28 avril. « On aurait voulu entendre juste de sa part un sentiment», explique-t-il. « Il y a des sujets ou je refuse que le silence se fasse. » Mais devant le mutisme de l’élue et de ses collègues, « devant l’absence de réponse marquante », Hugo est sorti de ses gonds lors du conseil municipal de Rennes, lundi 2 mai. Lui et sept de ses camarades ont hurlé leur colère. « Tout le monde déteste le parti socialiste, » ont-ils scandé durant quelques minutes.

                 Coup d’éclat à la mairie

En plus de quarante ans de socialisme rennais, on n’avait jamais vu cela ! Hubert Chardonnet, adjoint au maire chargé de la sécurité, et les autres en étaient tous retournés, médusés. La gauche était conspuée par ses enfants dans sa propre enceinte. Et rien ne pouvait les calmer, ni même les remontrances de Nathalie Appéré qui criait dans un style balladurien : « je vous demande de vous taire. » Hugo et ses amis criaient si fort que le conseil municipal était ajourné. Ils criaient si fort que, dès le lendemain, la salle de la cité n’était pas évacuée et devenait la Maison du Peuple !

Du haut de ses 23 ans, Hugo Poidevin (avec ses amis) réussissait à faire reculer des élus. Lui le petit conseiller municipal de Cherbourg (Front de gauche) devant celle qui sera peut-être un jour ministre. «Si nous déposions à la mairie une demande de prise de parole dans les délais légaux, nous avions le droit de nous exprimer au conseil municipal. On en a profité… » En revanche, il a encore du mal à comprendre pourquoi lui et ses amis ont réussi un tel coup d’éclat. En guise d’explications, il fait un grand sourire jusqu’au oreilles.

Mais pour lui pas de question de se réjouir, tout est à construire. « Nous ne sommes pas encore à écrire un programme. Nous en sommes à débattre. Il se passe toutefois quelque chose. Les gens en ont marre de galérer. Un étudiant sur cinq est au-dessus du seuil de pauvreté. Contre le système capitaliste, il faut proposer autre chose : des revenus universels, des revenus pour les étudiants, des revenus à vie… Il faut faire descendre dans la rue ceux qui sont précarisés. Il faut concrétiser leurs aspirations.»

Hugo n’en dira pas plus. « Notre mouvement ne veut pas mettre en avant des individualités. C’est à chacun de proposer et de s’exprimer. » L’université de Rennes 2 n’en manque d’ailleurs pas, d’expression. « Cela bouillonne, » avoue-t-il. Assurément, le mouvement estudiantin ne veut pas s’arrêter là. Hugo, non plus d’ailleurs. Il sera encore de toutes les manifs jusqu’à ce que le projet de loi soit retiré, jusqu’à ce que les flashs balls soient interdits, jusqu’à ce que les forces de l’ordre desserrent leur dispositif, jusqu’à ce qu’il y ait un peu plus d’égalité entre tous… « Il faut une alternative à notre société et non une alternance ! »

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Jean-Christophe COLLET
Jean-Christophe COLLET
J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

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