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mercredi 27 septembre 2023
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AVEC LA FRANCE UNIE : FLORIAN BACHELIER VEUT ÊTRE L’AIGUILLON

Florian Bachelier, ancien député d’Ille-et-Vilaine et ex-questeur de l’Assemblée nationale, est un homme « cash ». À la différence des carriéristes adeptes de novlangue et des énarques habitués aux discours obséquieux, il détonne dans le milieu des politiciens. Il y a peu, il a créé un « club de pensée » où l’avocat de formation (comme François Mitterrand et Nicolas Sarkozy) se plaît à croire à une nouvelle manière de faire de la politique. Long entretien à bâtons rompus avec le leader de La France unie. 

Après votre défaite aux législatives, vous auriez pu vous concentrer sur votre activité juridique. Qu’est-ce qui vous a pris de lancer un mouvement politique ? 

Durant mon mandat, j’ai tissé de nombreux réseaux où l’on a travaillé sur des sujets comme le grand âge, le handicap, l’éducation, la sécurité… Il aurait été dommage de laisser tout cela en plan, comme on dit chez moi ! 

Ce n’est pas l’unique raison…

L’arrivée de Marine Le Pen à un poste de responsabilité en 2027 n’est pas du domaine de l’inenvisageable. Je veux aujourd’hui contribuer à lutter contre le Rassemblement national à « réfléchir », « à plancher », « à agiter des idées », et « à proposer des solutions » dans le débat public. Je souhaitais agir, pour qu’en 2027, nous puissions nous regarder dans le miroir et nous dire : nous avons essayé !

Un grand nombre de militants désiraient quitter le parti Renaissance où ils ne sentaient pas à l’aise et avaient envisagé d’arrêter si j’arrêtais aussi. Je n’envisageais pas de les laisser en chemin. »

Il y a au Havre, un homme qui s’agite et qui se nomme, Édouard Philippe. Concurrencez-vous son mouvement ?

Notre objectif n’est pas de nous porter candidats pour 2027. Il est de stimuler des réseaux et de continuer à mettre des idées sur la place publique. J’ai toujours pensé qu’il ne faut jamais craindre la diversité des concepts, même celles qui peuvent être en opposition.

J’insiste. Vous n’êtes donc pas concurrent…

Tout le monde est le bienvenu pour partager son expertise. Je tiens à vous évoquer un petit détail qui veut dire beaucoup : notre adhésion est à moitié prix pour un militant d’un autre mouvement politique. Nous invitons par conséquent le maire du Havre à nous rejoindre. Mais pour répondre à votre question : nous ne chercherons pas à le concurrencer. 

La France Unie sera-t-elle un appui pour vous localement ? Ou sera-t-elle un courant national ? 

Notre idée : c’est de se concentrer sur les sujets de préoccupation de la majorité de la nation. Nous n’avons pas vocation à nous inscrire dans des élections locales. Nous sommes une plateforme d’échanges réunissant des intellectuels, des universitaires, des journalistes, des syndicalistes, des corps intermédiaires, enfin tous ceux qui réfléchissent et qui proposent. 

Cette plateforme a-t-elle été créée à la demande de votre président ? Ou est-ce une initiative personnelle ? 

Le seul grand chef que j’ai eu : c’était le peuple français pendant cinq ans ! Mais si vous pensez à Emmanuel Macron, il est au courant de l’idée. Toutefois, je ne lui ai pas réclamé la permission. J’ai simplement échangé avec lui, avec Brigitte Macron et quelques-uns de son cercle (qui font d’ailleurs partie de mon mouvement). Je n’ai pas en revanche envie de vous donner le nom des adhérents. Car je ne veux pas me servir d’une adhésion comme un faire-valoir. Je n’envisage pas de faire de notre organisation un parti politique classique qui fait des prises !

Est-ce que votre club de pensée sera un moyen pour vous de vous placer politiquement sur l’échiquier ? 

J’ai le record de non-nomination au gouvernement dans la première mandature d’Emmanuel Macron. Plus sérieusement, encore une fois, le sujet n’est pas là. Je suis très heureux d’avoir retrouvé mon métier. Il n’en demeure pas moins que j’ai participé pendant cinq ans à une œuvre commune, collective. Je suis aujourd’hui inquiet de la situation générale du pays. Lors du premier mandat d’Emmanuel Macron, nous ne sommes pas allés assez loin. Nous voulons être l’aiguillon de la majorité actuelle sur la justice, la sécurité, l’institutionnel et le migratoire. 

Pour moi, c’est Marine Le Pen qui sera élue en 2027. En tout cas, je pense qu’on est dans cette configuration-là. Il nous reste du temps pour inverser la tendance. » 

Quelles sont les thématiques que vous comptez aborder ? 

Nous travaillons ensemble sur de grands chantiers pour être au plus proche des préoccupations quotidiennes et réelles des gens. Par thèmes, j’ai mis en place des groupes de travail avec un chef de file en charge de composer des équipes et donner des propositions concrètes. Il y a une méthode assumée qui est celle de se limiter au sujet d’inquiétudes des citoyens et de faire collaborer les adhérents dans leur domaine de spécialité. 

Quels seront vos propres sujets de prédilection ? 

J’ai œuvré pendant cinq ans, sur un certain nombre de questions (la sécurité, les flux migratoires, la lutte contre la technocratie) sur lesquels je suis intervenu assez régulièrement, sans convaincre malheureusement les élus, à Rennes, d’ailleurs (rires). 

Quelle est votre ligne directrice ? 

Et si on faisait ce que l’on avait dit en 2016, notamment sur la partie institutionnelle. Je milite pour l’idée d’un référendum par an, la fusion des conseils départementaux avec les conseils régionaux, la proportionnelle intégrale… En d’autres termes, je défends des mesures qui ne sont pas des gadgets, mais que le spoil système n’a jamais réussi à mettre en place. 

Vous critiquez la technocratie. Mais vous avez une Première ministre qui représente la haute administration de la cinquième République…

C’est aussi pour cette raison que nous nous voyons comme le poil à gratter ! Encore une fois, nous voulons faire ce que nous avions promis aux gens en 2016. Nous exigeons une équipe de responsables qui assument de commander des politiques publiques et des administrations. Nous ne souhaitons pas de femmes et d’hommes qui sautent de postes en postes sans qu’on s’aperçoive qu’ils étaient là ! Au plus haut niveau, notre combat doit être une lutte permanente contre la machine elle-même. Nous avons trop à faire à des gens brillants, mais qui se ressemblent furieusement tous. Nous avons trop à faire à des Parisiens ethnocentrés…

Comment la technocratie fonctionne-t-elle au sommet de l’État ? 

Le président de la République lui-même donnera quatre points clairs ! Autour de la table, tout le monde dira : oui, monsieur le président. Mais une heure après, les participants (hauts fonctionnaires) temporiseront, voudront protéger Emmanuel Macron contre lui-même, réfléchiront et finalement peindront la pièce en jaune cassé au lieu d’un blanc. Résultat, vingt minutes après, le président revient et la pièce sera rose ! 

Tout cela manque un peu de bon sens et de courage… 

Oui, c’est bien résumé. 

Localement, qu’en est-il de votre avenir ? 

Si on raisonne bien, on a les politiques que l’on mérite. Si une circonscription veut être représentée par Mickaël Bouloux, c’est comme cela ! Il n’y a pas de revanche à prendre. En tout cas, ce n’est pas mon objectif. Je préfère militer pour une proportionnelle intégrale qui éviterait d’élire des délégués généraux de territoire. Cela permettrait aux partis, toutes sensibilités confondues, de présenter les meilleurs candidats et les équipes. 

Et la municipale ? 

Je ne suis pas élu municipal, ni métropolitain. Je suis consterné par ce que fait madame Appéré de cette ville depuis des années. Parfois, je me dis que c’est de l’incompétence, de la naïveté ou encore du cynisme pur. Mais une fois énoncé cela, elle est réélue à chaque fois ! C’est donc que les Rennais se sentent bien représentés. 

Que lui reprochez-vous ? 

Quand on la traverse, on a l’impression que c’est Beyrouth. Il y a des palissades partout. Il y a des tags partout. A Rennes, nous sommes en train de parler de concours de cabanes en bois flotté et de budget participatif sur les cours de récréation genrés ! On traite de charte des animaux alors que des gens se font tuer à la machette dans le métro. J’aime bien les animaux, mais j’aime aussi bien les personnes. Il ne fait pas bon vivre dans certains endroits, à Rennes. 

Votre discours se droitise-t-il ? 

Non ! Comme disait avec courage le maire de Montpellier de gauche (donc comme moi, dans le camp du bien), l’insécurité est un sujet de gauche. Moi, j’ai la chance de vivre dans un quartier calme (comme Nathalie Appéré) et de me payer un restaurant une fois de temps en temps. Mais d’autres n’ont pas la même chance. En évoquant ce sujet-là, je sais que je ne suis pas à la mode. Mais quand vous avez une personne sur cinq qui vote, cela prouve que la sécurité et bien plus qu’importante que de conserver son siège au conseil municipal. 

Pourquoi ce sujet vous intéresse-t-il ? 

J’avais été marqué par un monsieur dont la femme avait été poussée et tuée par un mineur étranger isolé dans la cave de son immeuble au Blosne. Au bout du téléphone, il m’avait dit en pleurant : « toute ma vie, je me suis battu contre le Front national, mais je ne veux pas que l’insécurité soit uniquement traitée par ces gens-là ». Avec ce genre d’affaires, le risque est de voir Rennes et Nantes basculer de « Mélenchon-bobos » à Marine chic ! 

Vous devenez chevènementiste…

(Rires) Ce qui m’importe, c’est de bien entendre les préoccupations des citoyens et d’essayer de proposer des solutions. Si un politique ne voit pas les problèmes, les citoyens n’iront pas voter. (…) C’est le cas à Rennes. Souvent, je regarde le conseil municipal de Rennes sur le web. Les élus y sont en total décalage avec les sujets importants. 

Vous êtes dur…

L’ancien maire Edmond Hervé n’était pas du tout comme cela ! Mais à Rennes, tout le monde fait comme si le combat était perdu d’avance. Personne ne veut s’engager politiquement. Personne ne va voter. Résultat, l’élection est gagnée à Rennes avec un votant sur cinq et un votant sur dix de moins de 25 ans.

Pour tout savoir sur le mouvement de Florian Bachelier : La France unie.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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