portefeuille cuir homme femme Rennes
Actualités Politique

DEVANT L’ÉCOLE PUBLIQUE : UNE CHAINE HUMAINE POUR DÉNONCER L’EXPULSION DE MARIAM

Vendredi 4 octobre, Mariam, élève de l’école élémentaire du contour Saint-Aubin, n’a pu se rendre en classe comme elle le faisait chaque jour depuis son arrivée en France, il y a près d’un an. Au petit matin, la police est venue la réveiller pour la conduire à l’aéroport  de Saint-Jacques avec sa maman. “Toutes deux ont dû monter à bord de l’avion de Georgian Airways avec une trentaine de leurs compatriotes pour être renvoyées vers un pays qu’elles avaient fui pour assurer leur sécurité”, explique le comité de soutien de Mariam.

Lundi matin, sa voisine de classe était toute chamboulée. “Où est-elle ?” a-t-elle demandé tout simplement. Ses camarades ont été surpris par son absence. “On ne peut pas accepter une telle expulsion du jour au lendemain”, explique une jeune mère de famille. “Mariam devait venir passer ce dimanche chez nous avec sa maman. Maintenant, ils sont en Georgie. On est anéantis”, ajoute un autre parent.

                                      Des parents anéantis !

“Le mercredi précédent, la petite a passé l’après-midi avec ma fille pendant que ses parents se rendaient à Montreuil pour régulariser leur situation. Nous sommes allés l’après-midi en ville. Les filles l’ont passé à jouer et au petit matin la police a emmené la copine de ma fille”, témoigne très attristée, Aveline. 

“Cette situation est inacceptable”, estime le comité de soutien. Sa famille était en cours de procédure de demande d’asile. “Certes, elle avait été déboutée par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides mais elle était convoquée devant la cour nationale du droit d’asile à Montreuil le 2 octobre dernier. Elle avait même obtenu l’autorisation de s’y rendre avec leur avocat. La réponse devait intervenir le 9 octobre.”

La préfecture en a décidé tout autrement. “Pourquoi expulser une femme et une enfant de huit ans ne représentant aucun danger pour l’ordre public avant même que le juge n’ait rendu cette décision ?”, s’interroge ce comité. Le jour de son expulsion, la maman aurait lancé un appel à l’aide dès 7 heures. “Nous avons reçu des messages jusqu’à 8h10 puis plus rien. Les téléphones avaient été confisqués. Nous avons essayé de joindre l’avocate. Des parents ont accouru à l’aéroport et ont assisté impuissants au décollage de l’avion. Comme dans un mauvais film, j’ai encore du mal à y croire”, raconte Mathilde, représentant des parents de l’école. Ce matin, devant l’établissement du contour Saint-Aubin les parents et les écoliers ont fait une chaîne humaine pour demander aux autorités de cesser les expulsions d’enfants et de familles. Ceux-ci ont aussi demandé que tout soit mis en œuvre pour le rapatriement de l’élève expulsé et la reprise de sa scolarité. 

A propos de l'auteur

Jean-Christophe COLLET

J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

Laisser un commentaire