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AFFAIRE MAGALI BLANDIN : L’HISTOIRE À DORMIR DEBOUT DU GÉORGIEN !  

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Sous les plafonds dorés et les peintures colorées ancestrales du parlement de Bretagne, Giorgi Zeragia, âgé de 31 ans et né à Tbilissi (Géorgie) apparaît encadré par des gendarmes. Venu sans avocat, il est assis devant les juges de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes. En chemise rose, jean et chaussures Adidas, le trentenaire aux cheveux courts, aujourd’hui en détention, espère une prochaine remise en liberté.

Le domicile de Magali Blandin, après sa disparition.

Un pedigree judiciaire

Avec sa carrure impressionnante et son pedigree judiciaire déjà long, le Géorgien sans emploi est impliqué dans l’affaire de Magali Blandin pour tentative d’extorsion de fonds en bande organisée et meurtre en bande organisée. Déjà connu des services de justice, il a été condamné à cinq reprises depuis 2010 pour conduites sans assurance, sous l’empire d’un état alcoolique et sans permis, vols avec effraction ou encore vol aggravé.

 

Selon Jérôme Gaillard, le Géorgien lui aurait proposé son aide en faisant un appel à un tueur. Un contrat aurait été passé et un acompte versé. Giorgi a une autre version. Les rôles de chacun restent à affiner.” Un proche du dossier.

Père de deux enfants (un garçon et une fille), le ressortissant géorgien reste imperturbable à l’énoncé des condamnations. Il ne bronche pas non plus au moment où la présidente égrène les faits qui lui sont reprochés. A la mi-novembre dernier, il rencontre Jérôme Gaillard, “l’assassin” et mari de Magali Blandin, pour une vente de matériel. Mais très vite, l’époux fait part de son intention de tuer sa femme. Il supporte mal l’idée d’un divorce et ne veut pas perdre la garde de ses enfants, ni même son patrimoine. “Quand on a un problème, il faut régler le problème”, affirme-t-il au ressortissant géorgien.

Une date de meurtre est programmée

En réponse, Giorgi, “ami” de longue date, lui assure son aide. Il peut faire appel à un ami géorgien qui exécuterait Magali avant de retourner dans son pays aussitôt le meurtre commis. Quelques semaines plus tard, un acompte de 8000 euros est versé en guise de “cadeau de Noël” au Géorgien et une date de meurtre est programmée au courant du mois de janvier. Mais Jérôme Gaillard se ravise. Il décide d’arrêter son projet criminel mais verse toutefois une somme de 20 000 à Giorgi pour qu’il achète une maison en Géorgie à son frère, lui-même en difficulté dans un divorce…. “L’histoire est à dormir debout”, qualifie au passage la présidente du tribunal.

On balance tout aux flics

Jérôme Gaillard pense alors être tranquille chez ses parents, à Saint-Méen-le-Grand. Mais un matin, il retrouve un document, une clé USB dans sa boite aux lettres. “Si tu ne te présentes avec 15 000 euros, on balance tout aux flics.” Au regard du ton de la lettre, Jérôme Gaillard croît être confronté à un gang mafieux. Il se rend au rendez-vous à bord de la voiture de ses parents, sans GPS, ni téléphone. Il y rencontre un homme très agressif mais obtient toutefois un sursis de deux semaines.

Le 14 mars, à Maurepas, les forces de l’ordre interpellent Giorgi et un ami géorgien dans le quartier de Maurepas. Elles espèrent alors retrouver Magali chez les ressortissants géorgiens. Malheureusement, il n’en est rien. La jeune femme est découverte sans vie dans une forêt, non loin de Montauban de Bretagne, après les aveux de son mari.

Depuis, Giorgi nie tout en bloc. Non, il n’a jamais promis de faire disparaître Magali. Non, il n’a pas reçu d’acompte. Mais oui, il a vérifié au domicile de son ami Jérôme Gaillard si Magali n’était pas enfermée. Et oui, il était à Montfort-sur-Meu le 10 février pour déposer sur place des voleurs de carburant sans qu’il n’y ait un quelconque rapport avec la disparition de Magali.

Le Géorgien nie tout en bloc

Au moment des réquisitions de l’avocate générale, Giorgi Zeragia se prend la tête dans les mains. Un long moment, il écoute son passé judiciaire, son lot de mensonges, son état de récidive légale et sa “probable évasion” vers son pays d’origine s’il sort de cellules. “Dans cette affaire, il faut éviter les risques de pression sur les témoins et de concertations frauduleuses entre les différents protagonistes. Je demande le maintien en détention au regard de la nécessité de l’instruction”, réclame l’avocate générale.

Devant la cour d’appel de Rennes, le Géorgien sait sans doute que sa demande risque fort d’être rejetée par la Justice. Mais il tente de vaines explications dans un français correct. “J’ai ma famille en France où je suis très intégré”, ose-t-il arguer pour sa défense devant les magistrats avant d’ajouter : “monsieur Gaillard a menti à tout le monde.” Jeudi matin, à 9 heures, Giorgi Zeragia saura si oui ou non il peut recouvrer la liberté. La semaine passée, la mère de Jérôme Gaillard et un voisin avaient demandé leur remise en liberté, en vain.

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jean-christophe collet

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