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lundi 22 juillet 2024
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ÉLECTIONS À RENNES 2 : RIFIFI ENTRE ASSOCIATIONS ÉTUDIANTES

Le monde étudiant est en pleine ébullition, en ces jours de contestation. Un nouvel épisode fait aujourd’hui la une des journaux. A l’occasion de l’élection des représentants étudiants à Rennes 2 (qui au demeurant n’attire pas toujours les foules), la FAHB (Fédération des associations de Haute Bretagne) dénonce une campagne gangrénée d’irrégularités et de dérapages. « Cela fait des semaines que nos partisans sont brimés, insultés, harcelés et menacés en ligne et sur les campus. Réels victimes, ces militants, inquiets pour leur sécurité viennent à l’université la boule au ventre. Hier soir, ces peurs se sont incarnées en un récit cauchemardesque. Des adhérents de la FAHB, pour la liste Bouge ton campus, ont subi des violences physiques et psychologiques sans précedent. Notre antenne a été saccagée et souillée sous nos yeux avec la complicité de l’Union Pirate », explique Lola Blandin-Bourgeon, la présidente du mouvement.

D’après l’association, l’AG étudiante, menée par l’UP (Union pirate), a décidé de venir « jeter des poubelles aux mraconistes et envahir leur local ». » « Cet appel a été encouragé par un cadre de l’Union Pirate qui, accompagné de ses militants ont entonné « Tout le monde déteste les macronistes » en pointant du doigt notre bureau et Lola, notre présidente. Nos militants retranchés et terrorisés par cette invitation au lynchage sont restés sidérés en essayant de se barricader. Une vingtaine d’individus cagoulés et masqués ont fait effraction dans le local, l’un d’entre eux a porté des coups au visage d’une de nos amies avant de scander des insultes sexistes et homophobes. En s’interposant plusieurs d’entre nous ont été violentés. Nous avons tenté de fuir, obligés de négocier pour être épargnés. Nos adhérents sont aujourdhui choqués et désabusés face aux violences subies quotidiennement et qui ont atteint leur apogée hier soir. »

Après ces évènements, la Fédération s’en prend aux membres et cadres de l’Union Pirate. « Ces derniers n’ont pas sourcillé face aux violences tant verbales sexistes et homophobes ainsi que face aux agressions physiques et matérielles. L’université, complice, n’a pas été en capacité d’assurer la sécurité de nos militants, refusant de nous venir en aide. La scandaleuse co-gestion de l’université avec l ‘Union Pirate n’a visiblement aucune limite. »

Des accusations mensongères

Immédiatement pointée du doigt, l’Union Pirate a tenu à réagir. « Les allégations de la FAHB à l’encontre de notre syndicat, sur l’envahissement de son local, mardi 4 avril, sont mensongères. L’assemblée générale qui a initié cette action se déroulait à l’extérieur du bâtiment R. sur l’agora du campus. Aucun de nos partisans n’a pris la parole durant cette AG. À ce moment, nos sympathisants étaient rassemblés pour une réunion au premier étage du bâtiment R. Cette rencontre a été interrompue par un échange avec des militants de la FAGE (Fédération des associations générales étudiantes). Ceux-ci sont venus nous prendre à partie à propos d’une altercation ayant eu lieu entre eux et l’assemblée générale un peu plus tôt. »

D’après leur communiqué, l’Union Pirate n’a ni appelé, ni participé à l’envahissement de leur local survenu par la suite, restant à distance de cette situation conflictuelle. « N’ayant en aucun cas les moyens d’intervenir. Les responsables de l’Union Pirate ont immédiatement alerté la présidence de l’Université des événements en cours. Ils déplorent l’ambiance délétère provoquée depuis deux jours par les militants de la liste « Bouge ton Campus, très majoritairement non étudiants à l’Université Rennes 2. Dans la nuit de dimanche à lundi, ces militants étaient présents sur le campus afin d’arracher des affiches et de taguer leur slogan au sol, ce qui a nécessité l’intervention de la PolicenNationale. À cela se sont ajoutées des intimidations, des dégradations de matériel qui ont contribué très largement à générer une atmosphère nauséabonde sur l’ensemble du campus. Nous déplorons à nouveau cet événement malheureux sans lien avec les élections étudiantes, et nous appelons à cesser cette instrumentalisation politique. »

 

Prévenue, la direction de l’Université a tenu à réagir dans un communiqué. « Hier soir, mardi 4 avril 2023, une altercation entre militants, dont certains extérieurs à la faculté, a eu lieu sur le campus de Villejean. Le local syndical de la FAHB a été dégradé et leurs sympathisants violemment agressés. Les militants ont immédiatement été pris en charge par les services de sécurité et reçu·par le cabinet de la présidence. Dès aujourd’hui, la présidente de la FAHB a été accueillie par celle de l’université et la direction des affaires juridiques. Cette rencontre permettra de remédier au plus vite aux préjudices subis [proposition d’un nouveau local, de récent matériel, d’une surveillance renforcée et d’un soutien psychologique]. Par ailleurs, un signalement au Procureur de la République est en cours. »

L’Université Rennes 2 condamne avec la plus grande fermeté ces actes inadmissibles. Elle tient à réaffirmer avec force son attachement à la liberté syndicale et à la libre circulation des idées et des opinions dans toute leur diversité. « Elle refuse toutefois l’instrumentalisation de la situation et s’inscrit en faux contre les accusations portées par la FAHB à son encontre. A ce propos, elle rappelle que les élections en cours sont encadrées par un arrêté qui sécurise le processus électoral et que l’ensemble des organisations candidates se doit de le respecter. Les campus doivent demeurer des lieux d’enseignement et de recherche, de diffusion des savoirs et de débats, où les violences verbales et physiques n’ont pas leur place. »

Infos + : Défense Collective (très implantée à Rennes 2) risque une dissolution de la part du ministre de l’intérieur (voir notre article). Auparavant, dimanche 19 mars, un groupe d’individus masqués avait agressé violemment trois carabins, à l’arrêt de métro Beaulieu, près du campus de Rennes 1. Il n’aurait pas supporté l’arrachage d’affiches du groupuscule d’extrême droite Oriflamme (notre reportage). 

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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