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UN HOMMAGE AUX RÉSISTANTES RENNAISES DURANT TOUT LE MOIS DE NOVEMBRE

Ecrit par Dragan Brkic
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Anne-Marie Tanguy, Raymonde-Nédélec Tillon et Claire Roman étaient des femmes résistantes et rennaises durant la Seconde Guerre mondiale. Au fil du temps, elles ont été oubliées. Mais en ce mois de novembre, la ville de Rennes et des associations ont décidé de les mettre à l’honneur, au cours de spectacles et d’expositions.  

Ce vendredi après-midi, dans le quartier Sacré-Coeur, la Compagnie La Mort est dans la Boîte a mis en scène leur histoire tragique et héroïque devant un public saisi par l’émotion. Elle a rappelé leur engagement, leur courage et leur enfermement (pour deux d’entre elles) dans la prison de Jacques Cartier et au Centre pénitentiaire de femmes. 

Les trois jeunes résistantes n’ont pas été choisies par hasard. Anne-Marie Tanguy, Fougeraise entreprend de  combattre les Allemands durant le second conflit mondial. À l’Hôtel du Cheval d’or de la place de la gare, elle accueille des réfugiés et espionne les officiers allemands. Sur dénonciation, elle est arrêtée. Le 3 août 44, elle est déportée avec sa fille à Ravensbrück par le tristement célèbre train de Langeais qui emporte 1000 prisonniers vers les camps de la mort la veille de la libération de Rennes ! En mai 45, elle en ressort heureusement vivante avec sa fille. Rentrée à Rennes, elle met huit années à reconstruire son hôtel détruit par un bombardement. Elle fut nommée au grade de sous-lieutenant de réserve et décorée. Un square porte désormais son nom dans le quartier de la Poterie.

Parisienne et membre du PCF, Raymonde-Nédélec Tillon a rédigé ses mémoires dans le fameux livre J’écris ton nom liberté. Engagée dans la résistance avec son mari Charles Nédélec, elle est arrêtée sur dénonciation en 1941. Condamnée à Toulon à 20 ans de travaux forcés, elle est emprisonnée à la maison centrale de Rennes où le régime est plus que sévère. En 1944, elle participe à une révolte dans ce centre pénitentiaire. Elle est transférée à Ravensbrück, puis à Leipzig où elle sabote des installations. À la fin de la guerre, elle ne retrouve pas son époux, mort d’épuisement par ses actes de résistance. Raymonde se remarie à l’homme politique Charles Tillon. Elle devient l’une des trente-trois femmes élues députées à la première constituante en 1946.

Claire Roman est une figure de l’aviation française. Elle est réquisitionnée en 1939 pour convoyer des avions vers le front. Capturée à l’aéroport de Rennes Saint-Jacques le 18 juin 1940, elle parvient à se libérer en s’enfuyant à vélo et en prenant ensuite les commandes d’un aéronef de guerre qu’elle n’avait jamais piloté. Fin août 1940, elle est démobilisée à la suite de la dissolution du corps féminin. Elle meurt dans des conditions tragiques le 4 août 1941, lors d’un vol de Vichy à Pau.  

En complément, des portraits de femmes héroïnes sont présentés du 7 au 21 novembre dans cinq stations de métro de la ligne A (Villjean-Université, Sainte-Anne, Charles de Gaulle, Gares, Henri Fréville). Ils seront dotés d’un QR code, renvoyant aux bios de chacune d’elles. La compagnie La Mort en boîte se produira dimanche prochain au cimetière du nord dans le cadre des Tombées de la nuit.

Infos + : les partenaires de cette opération : L’Office national des Anciens combattants et Victimes de Guerre (OnacVG), la Ville de Rennes, l’association CAMP et la Maison du Combattant de Rennes.  

A propos de l'auteur

Dragan Brkic

Écrivain, j'ai publié Le Petit Noir des Balkans, Prière d'insérer, La condition pénitentiaire, Footness et Comprendre la délinquance française.

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