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mardi 23 avril 2024
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PHIL ET CHA : LES NIKI DE SAINT-PHALLE RENNAIS

Charlotte Carsin et Philippe Sidot sont deux artistes-peintres professionnels. Travaillant ensemble depuis 2011, ils ont ouvert en 2015 un atelier situé dans le quartier de la rue de Redon à Rennes. Tous deux aiment faire partager leur bonheur de peindre, de raconter, de ressentir le monde. Entretien avec ces deux passionnés de l’humain et de la couleur.

Les deux artistes par Etiou. 

D’où vient votre passion pour la peinture ?

Charlotte : J’ai fait un bac arts plastiques. J’ai l’impression d’avoir toujours peint, dessiné ou pris des cours. Les arts plastiques font partie de moi-même. 

Philippe :  J’ai toujours peint également. Au début, j’ai même réalisé des décors pour des voitures de course. Mais le véritable déclic a été la visite de l’école des Beaux-Arts où j’ai suivi des cours.

Votre rencontre…

Charlotte : Nous nous sommes rencontrés lors d’un projet artistique en lien avec un centre social où j’étais animatrice. J’ai demandé à Philippe de réaliser un travail. Et j’ai été immédiatement séduite par ce qu’il faisait. Au lycée, je peignais des totems. Et curieusement Philippe en peignait aussi.

Philippe : Nous avions réellement quelque chose en commun. Nos travaux, nos recherches, nos convictions également. Notre base de travail c’est l’eau, l’air, la terre, en relation avec l’humain. De plus, nous sommes tous les deux des coloristes. Ce n’est pas par hasard que nous nous sommes rencontrés.

Avez-vous des convictions communes ?

Philippe : Nous aimons les gens, nous croyons en eux. C’est ça qui nous porte. Et même si les sujets sont parfois graves, nous restons optimistes.

Quelles sont les caractéristiques de votre travail ?

Philippe : J’ai plutôt un regard social dans la façon narrative de traiter mes tableaux. Charlotte c’est plus un regard vibratoire qui vient de l’intérieur. Nous avons commencé par peindre des totems en bois et en béton. Puis des animaux : des dinosaures, des sidozaures, des chevaux, des hippopotames, des chiens, des chats… Et les vaches surtout ! Avec elles, nous avons eu l’honneur de défendre les couleurs de la France à l’exposition universelle de 2015 à Milan. Pour l’instant, nous sommes dans ce format ni trop petit ni trop grand, mais nous prévoyons de faire des vaches de 5 mètres de hauteur. Sinon, nous réalisons parfois des tableaux à quatre mains, comme celui intitulé le Joker. Nos deux styles se complètent assez bien.

Vous avez des commandes ?

Philippe : Oui, bien sûr, par exemple des animaux pour une ville ou pour une entreprise d’Aquitaine. Mais il vaut mieux faire avant que d’attendre des commandes.

Avez-vous des artistes que vous admirez ?

Charlotte : Beaucoup évidemment ! Je ne citerai que Nicky de Saint Phalle et Jean Tinguely.

Que pensez-vous de la politique culturelle de la Ville de Rennes ?

Philippe : Bon an mal an, on voit bien que tout est tourné en France sur l’art contemporain. Certains obtiennent le label artiste contemporain, et les autres ne bénéficient de rien. Le problème n’est pas d’aimer ou de ne pas aimer. Le problème est qu’on intellectualise l’art contemporain, qu’on l’institutionnalise. De sorte qu’on ne reconnaît pas la valeur de l’émotion, de la vibration. J’ai du mal avec les étiquettes. Il semblerait qu’un seul peintre soit reconnu institutionnellement en tant qu’artiste contemporain. Même moi on m’a catalogué en tant qu’artiste d’Aujourd’hui…

Quels sont vos projets ?

Charlotte : Philippe est exposé en galerie à Reims, et moi à Saint-Tropez. Nous allons également présenter nos animaux cet été aux Jardins de Brocéliande.

Vous animez aussi des ateliers ?

Charlotte : Oui, notre atelier est ouvert le lundi après-midi et le samedi matin aux adultes, et aux enfants le samedi après-midi.

Atelier Phil et Cha, 23 rue d’Inkermann (06 61 33 50 80). Pour tous renseignements

Dragan Brkic
Dragan Brkic
Écrivain, j'ai publié Le Petit Noir des Balkans, Prière d'insérer, La condition pénitentiaire, Footness et Comprendre la délinquance française.

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