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MON BAR FERMÉ : CELA ME BRISE LE CŒUR !

Ecrit par Edwin Le Rouzic
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Touchée directement pas la mesure de fermeture des bars, Orane Gueneau, patronne de “La Part des Anges” situé rue Saint Melaine, risque de ne pas se remettre de ce deuxième confinement. Elle nous en explique les raisons !

La Part des Anges est ouvert depuis 2004 et Orane Gueneau en était cliente. Un jour, un des patrons lui demande sur le ton de la plaisanterie si elle ne souhaite pas racheter ses parts. Orane, photographe et scénariste, finit par accepter. Après le départ de son associé en 2014, elle se retrouve toute seule et veut absolument faire de ce bar un lieu LGBTQI (lesbienne, gay, bisexuelle, transgenre ou intersexe)

Après quelques années à fidéliser sa clientèle, c’est chose faite, ! Le public accueilli revient et se sent bien. Certains jeunes marginalisés y trouvent un refuge, et des spectacles, du théâtre, des concerts s’organisent. Le monde afflue essentiellement les jeudi, vendredi et samedi. Mais le premier confinement tombe. Le compte tombe à zéro. Une première demande de découvert est refusée auprès de sa banque puis finalement acceptée. L’aide de 1500 euros servira à combler ce découvert.

Orane pense même alors à souscrire un “Prêt Garanti par l’Etat” mais la banque fait trainer, “arguant qu’il manque tel ou tel document”. Au moment où la demande peut être effectuée, c’est la fin du premier confinement. Le bar reprend et fonctionne à merveille. Mais bientôt, les mesures sanitaires renforcées tombent. Un couvre-feu est d’abord instauré à 23 heures, puis à 22 heures pour finalement aboutir à la fermeture totale des bars.

Une dépendante affective de cet endroit !

Désormais, Orane Gueneau dénonce une mesure injuste et calculée qui a pour but de fermer certains bars. Qu’à cela ne tienne, la “barwoman” refait sa demande de PGE avec toutes les pièces, difficiles à réunir. Après cinq semaines d’attente (la durée légale est cinq jours…), le couperet tombe : la demande de prêt est rejetée. Pour quels motifs ? Elle ne pourra pas rembourser et sa banque ne peut se porter garante de l’argent que va perdre l’Etat. ” Les banques vont accepter de prêter aux grandes entreprises, qui sont certaines de retomber sur leurs pieds mais les autres, que nenni !”, confie un client.

Les espoirs suscités par le PGE sont vite douchés. “Les annonces de l’Etat ont fait pschit”. Aujourd’hui, “La part des anges” risque la fermeture. La “barwoman” est triste et amère. “On va être étranglé par les dettes. J’ai beaucoup d’affection pour mon lieu et mes clients. Je suis une dépendante affective de cet endroit. Là, il est fermé et ça me brise le cœur. Je vois cet endroit comme une personne à part entière et là, j’ai l’impression qu’il meurt. C’est horrible.”

En revanche, elle ne fera pas appel aux dons. “Ce n’est pas aux gens de payer pour ce que les banques ne veulent pas faire », estime-t-elle. Bien plus que pour elle, elle craint pour ses clients “qui voient dans son bar un cabinet de psychologie”, pour certains de ses collègues qui n’ont pas de clientèle fixe et pour le drame humain qui se trame derrière ces fermetures . ” Il va y avoir beaucoup de suicides et je pèse mes mots. Il y a des gens qui ont des bars et qui ne savent rien faire d’autre que ça. Et ils ne pourront rien faire derrière.” Sale temps pour nos patrons…

La phrase du jour : Orane va faire appel au médiateur de la BPI qui lui a déjà expliqué qu’il ne pouvait pas forcer une banque à prêter si elle ne voulait pas.

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Edwin Le Rouzic

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