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DANS MOINS D’UN MOIS, LOÏCK PEYRON SERA AU DÉPART DE LA ROUTE DU RHUM

À l’occasion des 40 ans de la Route du Rhum, le célèbre navigateur Loïck Peyron sera en course dans la catégorie Rhum Multi. À la barre de « Happy », le dernier vainqueur reliera pour la huitième fois Saint-Malo à Pointe-à-Pitre à la barre du plus petit multicoque de la flotte, “Happy”. Rencontre avec un navigateur hors-pair. 

Le Pouliguen est vissé sur la façade atlantique à quelques encablures de La Baule. C’est là où les parents de Loïck se sont installés dès sa naissance. C’est là où le marin vit depuis 58 ans maintenant. “Avec quelques promenades ici où ailleurs !”,précise-t-il, non sans un certain sourire. 

Depuis son enfance, les Pays de la Loire n’ont jamais quitté son cœur. “Ce sont mes racines”, assène-t-il. “On peut s’en défaire parfois, s’en éloigner souvent mais l’on apprécie toujours d’y revenir. Je n’ai jamais voulu en partir malgré quelques obligations parfois.”

                                                         Du grand air au grand large

Enfant, Loïck Peyron goûte aux joies de la mer et de la plage. Adolescent, il fréquente le lycée du Grand Air à La Baule. “Mais j’ai plus retenu la notion de grand air que les cours  de lycée !”, ironise-t-il. Dès qu’il peut, il est en effet sur la grande bleue. “Tout petit, j’ai commencé la pratique de la voile avec mes parents et mes grands-parents. à bord des premiers bateaux de croisière.”

Son père était capitaine au long cours à bord “d’usines flottantes” qui transportaient du pétrole. “À chaque fois qu’il débarquait de son pétrolier, il embarquait ses enfants. Coup de bol, c’était loin d’être une punition pour moi !” Avec ses frères et ses parents, Loïck Peyron navigue à bord d’un corsaire. “Le bateau faisait à peine 5m50 de long ! On n’imagine plus de partir aujourd’hui dans de telles conditions.”

Au fil du temps, le père de Loïck achète des embarcations plus grandes, plus confortables. “Nous avons navigué avec le premier bateau de série en plastique de l’histoire. A bord, on partait tous les étés vers le Sud de l’Angleterre.” Sous les ordres du commandant Peyron, l’appel du grand large est une évidence pour le petit Peyron. “Je passais mes vacances à faire des convoyages”, se souvient-il.

                                                        A 18 ans, il choisit le bateau

L’enfance est heureuse jusqu’au jour, à l’âge de 18 ans, le jeune garçon doit faire un choix douloureux. “Mon père m’a dit à bord de son bateau : tu retentes le bac ou bien tu es viré de la maison !” Dans un premier temps, Loïck Peyron accepte de bénéficier du soutien de « papa et maman » mais quelques semaines plus tard il se ravise. “Repasser le bac, c’était parce que je voulais faire ! Je suis parti à l’aventure mon sac sur le dos.” 

Sans aucun soutien, Loïck Peyron s’inscrit à sa première mini-transat avec un “bateau conçu de bric et de broc”. “Si c’était à refaire, je le referais. Ce fut le meilleur moyen d’avancer.” A bord de son 6, 50m, le jeune navigateur embarque pour sa première traversée de l’Atlantique en solitaire. «Ce fut une belle aventure comme toutes les premières fois. Nous naviguions encore avec le sextant, sans GPS, ni radio comme le capitaine Haddock !” Rien de mieux pour apprendre son métier. “Aux Canaries, j’ai fini sur les cailloux. Ce fut mon premier et mon dernier naufrage ! On m’avait cru disparu.”

Lors de la deuxième étape de la mini-transat, Loïck Peyron se rattrape et finit cinquième. Il devient à 18 ans à peine un aventurier des mers. “On rêve tous des cocotiers ! On rêve tous d’aventures extraordinaires et, si possible, de débarquer sur des nouvelles terres, non pas en charter comme beaucoup, mais avec son propre bateau.” Encore aujourd’hui, Loïck Peyron est bien plus attiré par l’aventure que par la course. “La monotonie de la mer est fascinante”, confie-t-il. “Ce n’est pas pour rien que j’y retourne et que je traverse l’Atlantique deux fois par an depuis 25 ans maintenant.”

                     “Les bons souvenirs sont ceux qui ne sont pas prévus !”

En mer, Loïck Peyron glane bien vite de nombreux trophées. “Je ne sais pas trop comment expliquer ma rage de vaincre.  Mais j’ai rarement eu de propension à accumuler quoi que ce soit !” En revanche, le navigateur sait apprécier les belles victoires parfois inattendues.”La plupart des bons souvenirs sont ceux qui ne sont pas prévus comme le Trophée Jules Verne ou la dernière Route du Rhum. Je n’en rêvais pas. J’y suis allé en intermittent du spectacle pour Banque Populaire de l’Ouest !”

Navigateur solitaire, Loïck Peyron aime embarquer dans de nouveaux challenges. “J’entretiens une sorte d’Alzheimer plus ou moins contrôlée qui me donne envie de réapprendre à chaque fois.” Il y a quelques années, il a été ainsi le seul français à barrer un bateau lors de la Coupe de l’America et participera à la prochaine Route du Rhum à bord d’un vieux trimaran. “Je vais rendre hommage à Mike Birch en repartant à l’ancienne sur le sister ship de son petit trimaran. Ce sera pour le plaisir, mais ce sera aussi en respect des plus anciens. Nous sommes tous les fils spirituels d’Éric Tabarly et de mon maître Jedi, Mike Birch! “

Encore une fois, Loïck Peyron disputera une première. « Coup de bol, je fais partie d’une génération qui a vécu plein de première ! J’ai eu la chance de faire le premier Vendée globe, de disputer le premier Québec Saint-Malo et d’être membre de la première cellule de réflexion du premier trophée Jules Verne. C’est marrant de tomber à pic. Nous sommes une génération qui fait un peu office de découvreur ! »

                                      Un projet comme un chef d’entreprise

Malgré ses aventures maritimes, Loïck Peyron rêve toujours de se “poser” en famille. “C’est un rêve mais comme pour beaucoup de rêve il ne s’est pas encore réalisé… J’ai imaginé naviguer avec mes enfants. Mais comme aujourd’hui, ils sont tous grands, je ferais peut-être une navigation avec mes petits-enfants… ” Loin de ses « bureaux» (comprenez par là la Bretagne et les Antilles), Loïck Peyron aimerait bien découvrir les fameuses perles du Pacifique, au nord des Galápagos : les îles Cocos.

Pour y partir, le navigateur dessine le catamaran de ses rêves. “Ce n’est pas seulement d’être sur l’eau qui m’intéresse. C’est de construire et d’améliorer son outil. J’ai toujours eu beaucoup d’attrait pour ces hommes et ces femmes qui fabriquent leur bateau dans leur jardin. Je suis un peu comme eux. Je suis un agitateur de particules.” Passionné par toutes les facettes de son  métier, Loïck Peyron ne veut pas se cantonner sur une seule planète. “Je suis un généraliste et j’ai toujours pensé qu’un bon marin ne sait pas faire que du bateau. Surtout pas. Il faut relever la tête et regarder ailleurs.”

 

 

 

A propos de l'auteur

Jean-Christophe COLLET

J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

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