Sur la RD 90, le bruit des machines remplace peu à peu les secousses des nids-de-poule. Ici, entre Saint-Rémy-du-Plain et Bazouge-la-Pérouse, la route se refait une santé grâce à une technique encore peu connue du grand public : le retraitement à l’émulsion de bitume. Le 29 avril, élus et techniciens se sont retrouvés sur place aux côtés du CEREMA et de l’entreprise Colas pour voir ce procédé à l’œuvre. Concrètement, la chaussée existante est recyclée sur place, sur environ 7 cm, avant d’être protégée par une nouvelle couche. « On répare en profondeur sans tout refaire », résument les équipes.
Une réponse directe aux routes fragilisées par les intempéries.
Moins de camions, moins de matériaux neufs, moins d’émissions de CO₂ : la méthode séduit autant par son efficacité que par son impact environnemental réduit. Elle est aussi la promesse de travaux plus rapides et moins perturbants pour les automobilistes. Cette innovation s’inscrit dans une stratégie plus large portée par le département d’Ille-et-Vilaine, qui mise depuis plusieurs années sur des techniques plus sobres. La collectivité fait partie des rares en France à maîtriser en interne l’enrobé à émulsion, une alternative plus économique que les procédés classiques à chaud.
Sur son site du Hill, à Noyal-Châtillon-sur-Seiche, le département dispose d’un laboratoire d’essais et d’une unité de production pour garantir la qualité des matériaux.
Compte tenu de la situation exceptionnelle de l’hiver dernier, les équipes du département ont été aussi fortement mobilisées sur le terrain. Dès la mi-novembre, le dispositif de viabilité hivernale a été activé, avec des interventions intenses lors des épisodes neigeux et du passage de la tempête Goretti. Jusqu’à 100 agents ont été engagés certaines nuits pour sécuriser les routes. «Leur mobilisation a permis de maintenir des conditions de circulation satisfaisantes », rappelle le département.
Mais malgré cet engagement, les dégâts sont bien là. Gel, pluies répétées et variations de température ont fragilisé les chaussées sur l’ensemble du réseau. Pour y faire face, le Président du Département propose d’allouer 3 millions d’euros supplémentaires en 2026 à l’entretien des routes départementales. Cet effort intervient dans un contexte de hausse des coûts de l’énergie et des matériaux, après deux années déjà marquées par des tensions budgétaires. « Il s’agit de maintenir un niveau d’entretien à la hauteur des enjeux de sécurité », souligne la collectivité. Cette proposition sera examinée lors de la session de juin, dans le cadre d’une décision modificative.


