En ce jour de mai, nombreux seront sans doute les habitués des Lices qui feront un petit crochet par le nouveau « spot » de la capitale bretonne : la promenade des Remparts. Hier, ce cheminement piétonnier a été ouvert discrètement au public. Tant attendu (deux ans de retard pour l’inauguration), il est du plus bel effet entre la place de la Bretagne et les portes Mordelaises.
Dès les premiers pas, le charme opère. À droite, les murs en pierre épais marqués par les siècles surplombe le cheminement piétonnier. À gauche, un chemin clair, guide naturellement les promeneurs. Plus loin, la passerelle en métal vieilli attire. Sa teinte brunie tranche avec la pierre, mais sans l’agresser.
En montant cet ouvrage, le panorama change. Il plonge vers quelques tables qui se remplissent déjà. Depuis ce 1er mai, les terrasses ouvertes commencent à donner le ton. Ici, les conversations à bâtons rompus s’installent déjà, les verres tintent et les serveurs circulent entre les chaises encore clairsemées. Le lieu prend vie sans effort, comme s’il avait toujours été là.
Un peu plus loin, on croise des couples, des familles, des curieux. Certains flânent, d’autres traversent simplement, mais tous semblent jeter un coup d’œil aux remparts, comme s’ils les découvraient vraiment pour la première fois. Leur regard glisse le long des pierres, s’arrête sur une tour ronde, remonte vers les toits anciens. Ils redécouvrent un pan de la ville que l’on longeait sans vraiment le voir.
À part quelques finitions et une végétalisation encore un peu timide, l’ensemble tient ses promesses. Reste maintenant à lui donner un peu de souffle. On imagine très bien une fête des remparts à la dinanaise, avec un remake du Bossu par le grand écrivain rennais Paul Féval, spécialiste des romans de cape et d’épée. Le décor est prêt. Il n’attend plus que les histoires.


