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Culture

YVON LUNVEN : LE GRAVEUR À LA SUEUR DE LA POINTE

Ecrit par Dragan Brkic

Le plasticien Yvon Lunven pratique la gravure. Son travail d’orfèvre est un véritable sacerdoce artistique qu’il a commencé très tôt dans son enfance.

 

Quel est ton parcours ?

 J’ai commencé le dessin très tôt. Puis au lycée, j’ai étudié en fac d’arts plastiques. Cela m’a permis d’intégrer l’école Pivault à Nantes, d’où je suis ressorti au bout de 4 ans comme illustrateur.

Comment arrive-t-on à la gravure ?

J’ai d’abord bossé chez moi comme illustrateur. Puis, peu à peu, au fil de mes expériences dans l’édition, des rencontres avec divers artistes, j’ai aussi voulu me lancer. À vrai dire, la rencontre avec Anaïs Colin m’a stimulé. J’ai découvert avec elle la gravure en eau forte sur zinc.

C’est quoi ce procédé ?

Je travaille sur une plaque en zinc que je vernis d’abord, puis je la dessine avec une pointe. Ensuite, je plonge cette plaque dans un bain d’acide à l’Atelier du Thabor. Cela fait un creux et j’encre ensuite la plaque et je la passe sous presse avec du papier d’Arches. Ce système est ancien, il date du 17ème

Tu dessines directement sur la plaque ?

J’ai un schéma que j’ai préparé en amont. En gravure, il y a une part de hasard, mais il faut aussi un certain niveau en dessin. C’est pourquoi je pratique beaucoup le dessin et l’aquarelle. Je dessine dans les concerts, les endroits publics, et j’ai pris des cours de modèle vivant. Cela me permet d’avoir une exécution plus rapide. Le dessin, ce n’est pas comme le vélo, il faut toujours pratiquer pour avoir un niveau. C’est un exercice permanent de l’œil.

Quels sont tes thèmes ?

Les guerriers, la mer, les fonds marins, l’histoire, l’archéologie, les contes…là où il y a des mystères… Une idée peut aussi émerger de vieux bouquins. Je crée une image par rapport à un titre de livre.

Tu exposes où ?

J’expose dans des petites foires, dans des bars, mais je loue surtout des galeries pour vendre car c’est mon métier ».

Quels artistes aimes-tu ?

 Je suis ouvert sur beaucoup de choses. J’apprécie Kiefer, Klimt, Odile Redon, Lucian Freud, Gustave Doré. Et localement Guillaume Friocourt, Etiou, et d’autres encore.

Que penses-tu de Rennes ville culturelle ?

Même s’il y a peut-être des manques, c’est quand même cool à Rennes. Ça bouge tous les jours.

Quels sont tes projets ?

Je continue à faire des expos. Par exemple, à la foire aux Croûtes à Brest lors du week-end de l’Assomption. Sinon, je vais faire un travail avec un autre artiste, Gaspard Jeannot, des dessins sur le modèle du cadavre exquis.

A propos de l'auteur

Dragan Brkic

Écrivain, j'ai publié Le Petit Noir des Balkans, Prière d'insérer, La condition pénitentiaire, Footness et Comprendre la délinquance française.

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