Après la récente tentative de meurtre d’un Algérien rue Saint-Michel, liée au trafic de stupéfiants et à des règlements de comptes (voir notre article), la maire de Rennes, Nathalie Appéré, a brisé le silence. Elle réclame désormais « une présence policière renforcée sur le terrain » pour lutter contre les narcotrafiquants. Une demande qui ne fait que répondre à un appel grandissant au sein de la classe politique locale. Depuis plusieurs mois, à chaque fusillade, Charles Compagnon (centre droit) multiplie les déclarations. Il exhorte les autorités à intensifier la sécurité.
Récemment, Thomas Rousseau, candidat de la droite à la mairie de Rennes, a rejoint le mouvement. Il a écrit au ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau (voir notre article), pour exiger des renforts supplémentaires. Ce matin encore, le groupe « Révéler Rennes » a publié un communiqué accusant la majorité municipale de sous-estimer la gravité de la situation. « Nous avons averti la mairie à plusieurs reprises, mais Nathalie Appéré persiste à minimiser les faits », déplore Carole Gandon, leader du mouvement. « Pour elle, la sécurité des Rennais n’est clairement pas une priorité. »
Des renforts policiers toujours attendus
Interrogée, la direction départementale de la police nationale ne souhaite pas réagir. « Nous n’avons toujours pas de préfet en poste, et le nouveau ministre de l’Intérieur vient à peine d’arriver », confie un représentant de l’ordre. Seul à pouvoir répondre, le secrétaire départemental d’Alliance Police d’Ille-et-Vilaine, Frédéric Gallet, espère lui aussi des renforts significatifs. « Le préfet Philippe Gustin et notre directeur avaient reçu des promesses, mais rien n’a suivi. Nous en réclamons aujourd’hui 150, ce qui est loin d’être excessif », souligne-t-il en détaillant les besoins. « Pour surveiller les trains, les bus et les métros, la brigade des transports est composée de 22 personnes. Ce n’est pas du tout suffisant. Nous sommes dans le même constat affligeant pour la police des frontières, le maintien de l’ordre lors des manifestations ou encore dans les brigades locales. »
À Cesson, une brigade spécialisée du terrain doit s’installer dans de nouveaux locaux. « C’est Une bonne initiative », reconnaît Frédéric Gallet, « mais encore faut-il disposer des personnels nécessaires !»
Pour l’heure, les renforts promis ne devraient pas arriver avant septembre prochain. « Il est peu probable que la situation évolue d’ici là, sauf un appel d’offres complémentaires du préfet ou des autorités politiques», regrette Frédéric Gallet. « Avec plus d’effectifs, la police pourrait mieux répondre aux problèmes d’insécurité. De nouvelles recrues nous permettraient d’être présents sur le terrain et de traiter les procédures plus efficacement. » En attendant une position gouvernementale, les trafiquants continuent de semer la violence dans le centre-ville et les quartiers rennais. « Leurs exactions provoquent des réactions en chaîne, rendant le contexte de plus en plus tendu », alerte Frédéric Gallet.
Infos + : « Il y a des actions que nous pouvons entreprendre, et d’autres qui relèvent des pouvoirs de la ville, comme l’armement des policiers municipaux ou l’installation de plus de caméras de surveillance », poursuit Gallet. Il déplore aujourd’hui le manque d’écoute de la part de certaines autorités. « Nous avons sollicité Mickaël Bouloux, le nouveau député (PS) de Rennes, mais sa réponse s’est limitée à quelques lignes vagues. À Saint-Malo, nous avons eu un accueil beaucoup plus réceptif de son collègue. »



