L’affaire des présumées violences policières survenues le 3 juin dernier à Rennes (voir notre article), à proximité de la station de métro Italie, connaît un nouveau rebondissement. Alors qu’une plainte a été déposée par l’avocate du jeune homme interpellé, des précisions émergent sur son profil et les circonstances de son arrestation. Âgé de 22 ans, l’homme se trouvait sur un point de deal au moment de l’intervention policière, selon les informations désormais connues. Il avait été interpellé pour des violences volontaires sur une personne dépositaire de l’autorité publique, précédées d’une rébellion.
Une plainte déposée pour « violences physiques et psychologiques »
À la suite des « violences policières graves » dont son client affirme avoir été victime, Maître Amina Saadaoui a déposé une plainte, mercredi matin, auprès du procureur de la République près le tribunal judiciaire de Rennes. « Mon client dénonce des violences physiques et psychologiques exercées à son encontre de la part de fonctionnaires de police Cette plainte doit faire l’objet d’une prise en compte rapide, effective et rigoureuse par le parquet rennais. Il est inacceptable que ce type d’agissements se produise, raison pour laquelle la réponse judiciaire devra être à la hauteur de la gravité des faits », ajoute l’avocate. Laquelle évoquait également la nécessité de faire la lumière sur une possible qualification de faux et usage de faux commis par des personnes dépositaires de l’autorité publique à la suite de cette interpellation.
Cette plainte intervient quelques jours après un courrier adressé au préfet d’Ille-et-Vilaine par la section rennaise de la Ligue des droits de l’Homme (LDH). L’association évoquait une vidéo tournée le 3 juin à 2h15, au niveau du 2 allée du Gacet, derrière la station de métro Italie. Selon la LDH, les images montraiient «un homme menotté, ne faisant preuve d’aucune résistance», frappé au visage par un policier présenté comme celui dirigeant l’intervention. L’organisation affirmait également qu’un chien d’intervention aurait mordu l’homme interpellé. Pour l’association, si ces faits venaient à être établis, ils pourraient relever de « traitements inhumains et dégradants », au sens de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’Homme. À ce stade, les circonstances précises de l’intervention et le déroulement exact des faits restent à éclaircir. Une enquête est en cours, confiée aux services compétents.


