Suite aux «violences policières graves» dont a été victime son client le 3 juin dernier à Rennes, à proximité de la station de métro Italie, maître Amina Saadaoui a décidé de porter plainte dès mercredi matin à l’attention de Monsieur le Procureur de la République près le Tribunal Judiciaire de Rennes. «Mon client dénonce des violences physiques et psychologiques exercées à son encontre de la part de fonctionnaires de police»,écrit-elle dans un communiqué.
«Au regard des faits allégués et des éléments actuellement en notre possession, notamment une vidéo accablante filmée par un témoin se trouvant à proximité immédiate des faits, nous attendons une prise en compte rapide, effective et rigoureuse de la présente plainte par Monsieur le Procureur de la République de Rennes, ajoute-t-elle. «Il est inacceptable que ce type d’agissements se produise, raison pour laquelle la réponse judiciaire devra être à la hauteur de la gravité des faits objets de la présente plainte. L’omerta sur ce sujet ne peut plus durer.»
la lumière devra être faite sur la caractérisation du crime de faux et usage de faux commis par des personnes dépositaires de l’autorité publique à la suite de cette interpellation.»
Cette annonce intervient quelques jours après un courrier adressé au préfet d’Ille-et-Vilaine par la section rennaise de la Ligue des droits de l’Homme (LDH). Ce document évoquait une vidéo tournée le 3 juin à 2 h 15, au niveau du 2 allée du Gacet, derrière la station Italie. Selon la LDH, les images montraient « un homme menotté, ne faisant preuve d’aucune résistance », frappé au visage par un policier présenté comme « celui qui dirige » l’intervention. L’association affirmait au passage qu’un chien d’intervention aurait mordu l’homme interpellé.
La LDH rapportait enfin des propos attribués à un fonctionnaire : « On va te mettre tout sur le dos. Tu vas prendre cher toi. » Pour l’organisation, si les faits étaient établis, ils pourraient relever de « traitements inhumains et dégradants » au sens de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’Homme. À ce stade, les circonstances exactes de l’intervention et ses motifs restent inconnus. Aucune réaction officielle du parquet ou des services de police n’avait été communiquée au moment de notre dernière publication. Une enquete est en cours.


