L’affaire prend une nouvelle tournure à l’Université Rennes 2. À l’issue d’une audience en référé devant le tribunal administratif, Sud Éducation 35 accuse la présidence de vouloir écarter l’un de ses représentants syndicaux en invoquant une prétendue insuffisance professionnelle. Le syndicat évoque une « discrimination syndicale évidente » et réclame sa réintégration.
Le 21 juillet, la salle d’audience était, selon le syndicat, remplie de soutiens venus assister à l’examen du dossier. Sud Éducation reproche à la présidence de ne pas s’être déplacée, préférant mandater un cabinet d’avocats extérieur. Le communiqué dénonce également les conditions dans lesquelles les pièces de la procédure ont été communiquées. « Quitte à s’attirer les foudres du juge des référés, elle a transmis ses conclusions le matin de l’audience, ne laissant pas la possibilité à l’avocate du délégué syndical de lire avant l’audience la cinquantaine de pièces du dossier et donc de préparer sa défense. »
« Un faux témoignage » au cœur du dossier
Pour Sud Éducation, l’audience aurait mis en lumière les faiblesses du dossier. « L’audience a permis de prouver l’existence d’un faux témoignage, sous couvert d’anonymat, accusant notre représentant d’avoir refusé une intervention pendant un cours… alors qu’il était, le jour mentionné, en arrêt maladie ! », écrit le syndicat.
Toujours selon le communiqué, « si la présidence se prévalait de nombreux témoignages d’enseignants pour démontrer l’insuffisance professionnelle, seul ce faux témoignage figure au dossier ». En face, le représentant syndical aurait réuni « une vingtaine de témoignages de personnels de l’université pour faire état d’un travail rigoureux, fiable et sérieux ».
Le CREA au centre des tensions
Sud Éducation revient également sur les arguments développés à l’audience. L’avocat de l’université se serait notamment appuyé sur les positions de la CFDT, qui accuse le représentant syndical « d’instrumentaliser le mal-être de certains collègues et les alertes aux registres santé et sécurité au travail, dans le seul but de nuire à la direction du CREA ».
Le syndicat défend une toute autre lecture. Son représentant se serait contenté de signaler les difficultés rencontrées dans le service. Il rappelle qu’« un récent rapport de visite de la commission santé et sécurité au travail soulignait ces problèmes organisationnels et communicationnels chroniques au sein du CREA, comme étant à l’origine de la dégradation des conditions de travail et de l’augmentation des risques psychosociaux ».
Pour Sud Éducation, « les manœuvres et l’acharnement de l’université semblent plus que jamais démontrer la discrimination syndicale dont est l’objet notre représentant à l’approche des élections professionnelles ».
L’Université Rennes 2 n’a, pour l’heure, pas réagi publiquement à ces accusations. La décision du juge des référés est désormais attendue.


