Lundi soir, au conseil municipal, Loïck le Brun (élu de l’opposition) pestait contre la maire de Rennes, Nathalie Appéré. Il lui reprochait son ton professoral. Un jour plus tard, à l’occasion d’une journée de grève dans les écoles publiques rennaises, des parents ont décidé de déposer leurs enfants directement à la mairie… Par ce geste, les parents (qui soutiennent la manifestation) entendaient rappeler à la collectivité ses obligations légales en cas de taux de grévistes supérieur à 25 % dans les établissements scolaires.
Parmi les parents mobilisés figurait Marie Blandin, avocate rennaise et mère de deux enfants scolarisés à l’école publique Sonia-Delaunay. Elle avait prévenu de son intention la municipalité, par écrit. « Dans la mesure où je travaille, je vous déposerai mon enfant en tout début de matinée et son papa viendra le chercher à midi », écrivait-elle. « Je crois d’ailleurs savoir que je ne serai pas le seul parent à faire de même demain matin, je vous invite à vous organiser en conséquence. »
Je me bats pour toutes les familles que l’attitude de la mairie précarise. C’est une véritable prise d’otage des parents. »
À ses yeux, la Ville de Rennes ne rechercherait pas réellement de solutions pour assurer le service minimum d’accueil. « La mairie prétend qu’elle fait de son mieux, mais j’ai une baby-sitter qui travaille en périscolaire dans une autre école de Rennes, pour la ville. Elle m’a confirmé qu’elle n’a jamais été sollicitée. J’en suis convaincue. Il n’y a pas de volonté de respecter cette obligation légale et la mairie fait des économies sur le dos des parents. »
Des propositions ont été pourtant formulées par des parents afin d’améliorer l’organisation du service minimum d’accueil. Elles portent notamment sur la constitution d’un vivier de parents volontaires, le recours à des retraités ou la mobilisation d’agents périscolaires municipaux disponibles. « Ces pistes n’ont pas donné lieu à un échange avec la municipalité. Pourtant, la loi permet de mettre en place ces solutions. Elles supposeraient une anticipation et une volonté de constituer un vivier de personnes mobilisables pour respecter les obligations légales », insiste-t-elle.
« Ce n’est pas une guerre entre les parents et la mairie. Il s’agit du respect du service public dû aux usagers et de la nécessité de travailler ensemble pour y parvenir », ajoute-t-elle.
De son côté, la ville de Rennes, par la voix de sa direction Éducation Enfance, explique ne pas avoir été en mesure de mettre en place un service minimum d’accueil à l’école Sonia-Delaunay ni à la mairie lors de cette journée de grève. « Nous ne pouvions pas mettre en place ce service, soit en raison de l’absence de personnel disponible, soit en raison des délais dans lesquels nous avons reçu les informations », ajoute la direction Éducation Enfance dans un courrier envoyé à l’avocate. Au passage, elle a tenu à préciser à l’avocate. « Le cadre légal ne lui permet pas de réquisitionner du personnel pour assurer l’accueil des enfants en cas de grève, en dehors des missions indispensables à la sécurité des personnes ou au maintien de l’ordre public.»


