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PAS D’EAU, PAS D’ÉLECTRICITÉ POUR LES MIGRANTS PARQUÉS AU PARC DES GAYEULLES !

Dans une clairière du parc des Gayeulles, à l’abri des regards, les migrants vivent depuis quelques jours dans des tentes “Quechua”, parfois abandonnées par des festivaliers, lors de récents festivals bretons. Ils sont pour l’instant 146 dont la moitié sont des Georgiens, 25 % sont des Albanais et 25 % des Africains. “Six familles dorment ici avec dix enfants dont le plus jeune a 21 mois”, confie Camille, une bénévole. “Nous avons aussi cinq mineurs isolés et des personnes avec des grosses pathologies ! Deux sont sous chimiothérapie, deux diabétiques et un dernier a été opéré du cœur quatre fois.”

Dans cet endroit oublié de tous, les migrants vivent tant bien qui mal. “Ils n’ont n eau, ni d’électricité”, précise Philippe, un autre bénévole. “Les premiers sanitaires dont ils disposent sont à six cent mètres de là ! Mais seulement quinze personnes peuvent bénéficier le matin de l’eau chaude sous les douches !”, ajoute-t-il. Pis, leurs tentes sont aujourd’hui pleines d’eau depuis les récentes pluies. “C’est épouvantable. Mais personne ne se plaint”, précise Camille.

                                   Des bénévoles tous les jours

Tous les jours, des bénévoles prennent de leurs temps pour leur venir en aide. “On appartient tous à des associations, mais on ne s’en réclame pas !”, convient Philippe.  Ici, pas de rivalités entre mouvements humanitaires, pas d’égo surdimensionné ! L’essentiel est dans les besoins. “Il faut des habits pour les enfants, des tentes, des couvertures et des matelas, des recharges de gaz et bien sûr des logements”, assène Camille. En revanche, la jeune femme déconseille de venir seul avec de l’alimentaire pour éviter des situations inconfortables. “C’est compliqué ! Les migrants peuvent se battre entre eux pour un morceau de pain. Dans tous les cas, nous demandons aux bonnes volontés de se rendre aux Gayeulles quand nous sommes là, à 18 heures.”

Venus d’Europe de l’Est ou du continent africain par bateau, les migrants ont tous des bonnes raisons d’être là. “Ils sont tous arrivés pour des raisons précises”, note Flavien. “Ils ont fui la corruption, la misère dans leurs pays. Certains réclament un titre de séjour pour raisons de santé, d’autres demandent l’asile ou encore un statut de réfugié politique.” Installé au camping des Gayeulles durant trois jours (séjours payés par la ville), ils bénéficient depuis d’un terrain prêté par la ville de Rennes. “D’ici la fin du mois d’août, un autre emplacement est prévu par la municipalité à quelques mètres de là.”

Outre les 146 migrants des Gayeulles, 110 à 120 personnes occuperaient la résidence Estrémadure, 200 personnes les gymnases de Haut-Sancé et de la Motte-Brulon, sans compter les étrangers accueillis dans des hôtels et dans des familles d’accueil. “Dans une échelle basse, nous pensons qu’à Rennes ils sont entre 500 à 600 migrants”, assure Flavien. Mais d’autres pourraient arriver… ce qui inspire la réflexion d’un promeneur : “dès lors qu’ils sont là, il est scandaleux de les accueillir dans un tel dénuement.” Pour connaître les besoins des migrants, vous pouvez consulter les deux sites : l’association D’ici et d’ailleurs et le collectif Un toit, c’est un droit.

A propos de l'auteur

Jean-Christophe COLLET

J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

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