22.6 C
Rennes
samedi 20 juillet 2024
AccueilSportArchivesMALIKA : LA P'TITE REINE DES PRAIRIES SAINT-MARTIN

MALIKA : LA P’TITE REINE DES PRAIRIES SAINT-MARTIN

Depuis quatre ans, Malika vit avec un de ses amis dans les prairies Saint-Martin. Depuis quatre ans, elle est sous la menace d’une expulsion de la ville de Rennes. Mais elle n’en démord pas. Elle ne partira pas de chez elle. « J’ai un bail de location à titre gratuit, » confie-t-elle. « Ils ne pourront pas m’expulser aussi facilement ! » 

Installée dans une maison rue Henri Monnerais, en retrait des berges du canal Saint-Martin, Malika se trouve au beau milieu d’un futur parc urbain. Elle est installée là où la ville prévoit d’aménager des jardins partagés, des prairies,  des zones humides et des éco-pâturages. Mais elle n’en a que faire. « Nous sommes déjà dans un poumon vert, dans une respiration urbaine, » explique-t-elle. « Laissons en état les prairies. Il n’est pas besoin de forcer les choses… »

                                               Deux visions de la respiration urbaine !

Pas question pour elle de déroger à la nature. Pas question de tuer la faune et d’abattre des arbres, Malika veut continuer à vivre dans sa maison comme le font vingt autres personnes (locataires, propriétaires ou occupants des caravanes). « Le long des berges, les riverains ont réussi à sauver leur habitation. Nous ne voulons faire de même avec nos maisonnées, nos caravanes », précise-t-elle. 

Moins rutilantes, parfois construites de bric et de broc, sept  maisons sont leur havre de paix. Leur refuge contre les expulsions. « Nous sommes le pot de terre contre le pot de fer. Mais nous ne céderons pas. » Contre les départs forcés, elle veut manier le droit. « lls ne pourront pas nous faire déguerpir comme cela ! Sur certaines maisons, il y a plus de trente héritiers qui devront donner leur avis avant tout acte d’huissiers ! Sur d’autres maisons, c’est encore pire ! Personne ne sait où se trouvent les propriétaires. »

                                                « On se préoccupe aujourd’hui du bidonville ! »

Devant cet imbroglio judiciaire, Malika espère sauver son lopin de terre. « La mairie prétexte des pollutions, des inondations pour nous faire partir. Mais en cent ans, personne n’a rien dit à ceux qui vivaient là ! On les a laissés là en les regardant de haut. A l’époque, personne ne pensait à les reloger ! » Traduction, ils étaient les laissés pour compte… « C’était un peu le bidonville de l’abbé Pierre. On ne s’en occupait pas ! » explique un proche du dossier. 

Mais visiblement ils étaient heureux dans leurs prairies. « On défend notre mode de vie. On n’est pas tous obligés de vivre dans des cages à poule, dans un appartement, dans des HLM de standing ou encore dans des studios plus petits que des salles de bain ! » On l’aura compris, Malika et ses amis campent sur leur position. Au point même de se projeter dans l’avenir avec le soutien de deux élus ! « Je souhaiterais même lancer une sorte de communauté culturelle, pédagogique et d’accueil pour accueillir les plus défavorisés », conclut Malika. 

14958278_338555089844178_1141734162_n

14996444_338554969844190_1619653261_n

Une des maisons emmurées des prairies saint-martin.

 

 

Jean-Christophe COLLET
Jean-Christophe COLLET
J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

// Dernières nouvelles publiées

DES MAILLOTS PAR DODO

À l’heure des transferts dans le foot français, The Dodo, un studio de création indépendant, a fait le buzz sur la toile. Fondée par...
- Advertisement -
- Advertisement -

// Ces articles peuvent vous intéresser