"
portefeuille cuir homme femme Rennes
Patrimoine

MALIKA : LA P’TITE REINE DES PRAIRIES SAINT-MARTIN

Depuis quatre ans, Malika vit avec un de ses amis dans les prairies Saint-Martin. Depuis quatre ans, elle est sous la menace d’une expulsion de la ville de Rennes. Mais elle n’en démord pas. Elle ne partira pas de chez elle. “J’ai un bail de location à titre gratuit,” confie-t-elle. “Ils ne pourront pas m’expulser aussi facilement !” 

Installée dans une maison rue Henri Monnerais, en retrait des berges du canal Saint-Martin, Malika se trouve au beau milieu d’un futur parc urbain. Elle est installée là où la ville prévoit d’aménager des jardins partagés, des prairies,  des zones humides et des éco-pâturages. Mais elle n’en a que faire. “Nous sommes déjà dans un poumon vert, dans une respiration urbaine,” explique-t-elle. “Laissons en état les prairies. Il n’est pas besoin de forcer les choses…”

                                               Deux visions de la respiration urbaine !

Pas question pour elle de déroger à la nature. Pas question de tuer la faune et d’abattre des arbres, Malika veut continuer à vivre dans sa maison comme le font vingt autres personnes (locataires, propriétaires ou occupants des caravanes). “Le long des berges, les riverains ont réussi à sauver leur habitation. Nous ne voulons faire de même avec nos maisonnées, nos caravanes”, précise-t-elle. 

Moins rutilantes, parfois construites de bric et de broc, sept  maisons sont leur havre de paix. Leur refuge contre les expulsions. “Nous sommes le pot de terre contre le pot de fer. Mais nous ne céderons pas.” Contre les départs forcés, elle veut manier le droit. “lls ne pourront pas nous faire déguerpir comme cela ! Sur certaines maisons, il y a plus de trente héritiers qui devront donner leur avis avant tout acte d’huissiers ! Sur d’autres maisons, c’est encore pire ! Personne ne sait où se trouvent les propriétaires.”

                                                “On se préoccupe aujourd’hui du bidonville !”

Devant cet imbroglio judiciaire, Malika espère sauver son lopin de terre. “La mairie prétexte des pollutions, des inondations pour nous faire partir. Mais en cent ans, personne n’a rien dit à ceux qui vivaient là ! On les a laissés là en les regardant de haut. A l’époque, personne ne pensait à les reloger !” Traduction, ils étaient les laissés pour compte… “C’était un peu le bidonville de l’abbé Pierre. On ne s’en occupait pas !” explique un proche du dossier. 

Mais visiblement ils étaient heureux dans leurs prairies. “On défend notre mode de vie. On n’est pas tous obligés de vivre dans des cages à poule, dans un appartement, dans des HLM de standing ou encore dans des studios plus petits que des salles de bain !” On l’aura compris, Malika et ses amis campent sur leur position. Au point même de se projeter dans l’avenir avec le soutien de deux élus ! “Je souhaiterais même lancer une sorte de communauté culturelle, pédagogique et d’accueil pour accueillir les plus défavorisés”, conclut Malika. 

14958278_338555089844178_1141734162_n

14996444_338554969844190_1619653261_n

Une des maisons emmurées des prairies saint-martin.

 

 

A propos de l'auteur

Jean-Christophe COLLET

J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

Commentez

Laisser un commentaire