Grâce à la vente de galettes « signature » et de leurs fèves, plus de 10 000 euros vont être reversés pour la restauration d’une œuvre d’Isidore Odorico, figure majeure de la mosaïque de la capitale bretonne. Cette somme a été collectée par Thierry Bouvier et trois autres boulangers de la région rennaise, réunis autour d’un projet gourmand, patrimonial et solidaire.
Comme chaque mois de janvier, ces mousquetaires de la boulange imaginent une galette originale, en complément des recettes classiques à la frangipane ou aux pommes. Pour l’édition 2026, le choix s’est porté sur un thème profondément rennais. « Tous les ans, avec un collectif d’anciens salariés, on choisit une thématique commune. Cette fois, on a voulu mettre en avant les mosaïques Odorico. À Rennes, il y en a énormément, dans des entrées d’immeubles, sur des terrasses, dans des lieux publics. C’est un patrimoine parfois discret, mais très fort », explique Thierry Bouvier.
Une galette pensée comme un hommage
La galette Odorico faisait directement écho aux motifs et aux couleurs caractéristiques des mosaïques rennaises. Sa recette associait pâte feuilletée, frangipane au citron, confit de citron et praliné pistache. En hommage à Isidore Odorico, une série limitée de neuf fèves en céramique était spécialement conçue pour l’opération. Chacune représentait un lieu emblématique décoré par Odorico, comme la piscine Saint-Georges, la crèche Papu ou d’autres façades bien connues des Rennais. « C’était un vrai challenge technique. Reproduire des mosaïques aussi détaillées sur un format aussi petit, ce n’était pas évident. Le fabricant a fait un travail remarquable », souligne le boulanger.
Au-delà de l’aspect gourmand, la galette Odorico s’inscrit dans une démarche caritative désormais bien ancrée. Thierry Bouvier s’est encore une fois entouré de trois autres boulangers, tous anciens salariés devenus indépendants : la boulangerie Amande à ViaSilva, la boulangerie Chicherie à Chantepie et la boulangerie Mouriec à Bédée. « On est quatre, tous les ans, à se regrouper pour mener une opération à but caritatif. On l’a déjà fait avec le Stade Rennais, ou encore au profit de femmes fragilisées physiquement et psychologiquement après des cancers du sein », rappelle-t-il.
Pour cette édition, le principe était simple : 1 euro reversé pour chaque galette signature vendue, avec un objectif clairement affiché de 10 000 euros. L’argent collecté servira à rénover une œuvre Odorico endommagée à Rennes. Initialement, le projet visait la remise en état d’un passage ancien situé sous le Piccadilly. « On s’était positionnés, mais le syndicat de copropriété n’a pas validé cette année. Peut-être que ce sera possible l’an prochain », explique Thierry Bouvier.
La somme sera finalement affectée à la restauration d’une terrasse Odorico de la Maison des étudiants, rue de Fougères. « Le montant des travaux est en cours d’évaluation », précise-t-il. Le budget sera par ailleurs abondé par la Fondation du patrimoine, afin de permettre une intervention complète et durable. « Il y a eu un engouement incroyable autour des mosaïques », constate le boulanger. Avec cette édition, Thierry Bouvier et ses confrères ont été en quelques sortes les rois mages du patrimoine rennais. La boulangerie Thierry Bouvier dispose de deux points de vente à Rennes : place de la Rotonde, au 21 rue de la Motte-Picquet, et au 89B mail François-Mitterrand.
Crédit : Enocq.


