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LE PARC DES MIGRANTS

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En ce vendredi 30 septembre 2022, parc Saint-Cyr, dans le quartier Bourg-L’Evesque, la pluie tombe en fines gouttelettes. D’une tente sort une dame en sabot. Elle ne parle pas français. « Je ne comprends pas », explique-t-elle. Derrière elle, un enfant joue à la trottinette. Il n’est visiblement pas à l’école aujourd’hui. « Bonjour, monsieur », dit-il. « Je vais manger. » 

Impossible de connaître leur nombre

À deux pas, dans les locaux du Secours catholique, la bénévole reçoit les migrants pour le déjeuner. « On ne sait pas combien ils sont », explique-t-elle. « Cela bouge beaucoup ». Devant elle, les tentes quechuas (une dizaine) sont disposées en cercle. Comme pour protéger les occupants contre toute intrusion. « Ils sont là depuis quelques semaines. Ils sont au moins une quarantaine », indique une promeneuse. 

Qui sont-ils  ? « La plupart sont Albanais », assure un militant associatif. Face à cette situation, l’interorganisation rennaise d’aide aux migrants demande régulièrement la mise à l’abri de toutes personnes à la rue. Mais pas seulement. Elle souhaite l’ouverture d’un centre d’hébergement 24 h sur 24, l’augmentation de 300 places pour le logement d’urgence…Devant ce drame, certains préfèrent désormais une réponse radicale. « Personne ne veut aménager des squats pour accueillir des expatriés », assure Flavien, militant du Collectif On a les clés.. « Mais c’est légal et c’est la seule solution digne ! Au moins pendant un an ou deux ans, ils sont logés à l’abri et ne sont pas sous des tentes ! » 

Dispersés partout dans la ville

Alors que faire ? « On ne se rend pas bien compte du phénomène », proteste un bénévole. « Les migrants sont dispersés partout dans la ville. Beaucoup dorment dans le square de la Touche depuis quelques semaines. » Mais la situation pourrait être encore plus dramatique. « Le nombre de familles avec des petits qui contacte le 115 pour une habitation a augmenté de 30 % en l’espace de 7 mois à Rennes », alerte la fédération des acteurs de la solidarité dans Le Télégramme. «50 enfants étaient sans abris au 22 août 2022 et plus de 1 000 en hébergements précaires. Ils n’en comptaient que 28 en janvier de cette année. » À Rennes, le dispositif municipal de mise à l’abri prend en charge plus de 900 personnes, chaque soir. « Mais celui-ci est actuellement saturé et toute nouvelle entrée ne peut se faire que lorsqu’une autre famille quitte le système », explique la mairie. Encore une fois dans Le Télégramme.

Des guerres de communiqués

Le 26 octobre dernier, 31 des maires des communes de la métropole étaient pourtant montés au créneau. « Cette situation n’est pas acceptable et l’État doit prendre ses responsabilités. Certaines familles sont présentes dans les dispositifs d’hébergement dits « d’urgence », mis en place par les municipalités, depuis plus d’une décennie. Le gouvernement doit traiter au plus vite les régularisations pour que l’on puisse loger les migrants. Lui seul peut agir, mais il a adopté une position attentiste. Pire encore, il choisit de ne pas voir ceux que l’on nomme tristement les « ni régularisables ni expulsables » du territoire. »

Face à ces accusations, le préfet assure prendre en charge les « demandeurs d’asile des hébergements dédiés, sans délai ». Pour les déboutés, il leur propose accompagnement systématique au retour volontaire dans leur pays. « Ceux qui n’ont pas accepté cette aide n’ont pas vocation à rester en France en application du code des étrangers», ajoute la préfecture dans un communiqué publié à la suite de l’interpellation des maires. À l’heure où nous écrivions ces lignes, des gens s’endorment sous une tente au XXIe siècle, à Rennes. 

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jean-christophe collet

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