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JEUNE FEMME TUÉE SUR LA ROCADE : LES DESSOUS DE L’ENQUÊTE

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Le 7 septembre 2022, une jeune femme âgée de 22 ans a trouvé la mort à bord d’une Peugeot 208 sur une bretelle de la rocade Rennes. Passagère, elle a reçu une balle dans la poitrine au moment où son compagnon de 26 ans, déjà connu des services de justice, tentait d’échapper aux policiers.

2, 160 kg de cocaïne à Vignoc

Quelques jours après, le procureur de la République, Philippe Astruc, revient sur cette affaire. « L’opération était menée par la police judiciaire de Rennes dans le cadre d’une enquête pour trafic de stupéfiants diligentée depuis plusieurs mois sous l’autorité du parquet », explique-t-il dans un long communiqué envoyé à notre rédaction. « Cette enquête préliminaire, confiée à l’antenne OFAST (office antistupéfiant), a été ouverte le 21 juillet 2021 à la suite de la découverte par les douanes de 2,160 kilogrammes de cocaïne abandonnés dans un véhicule à Vignoc. »

Ces faits s’inscrivaient dans une affaire de stupéfiants entre Saint Étienne du Rouveray (à côté de Rouen) et la Bretagne (notamment le Finistère). Très vite, une interception était organisée à l’occasion de l’un des voyages du couple. « Un important dispositif était mis en place par la BRI (brigade de recherche d’intervention) de Nantes et l’antenne OFAST de la PJ de Rennes. Il était chargé d’intercepter le véhicule en cause sur la bretelle de la rocade où il avait l’habitude de passer. »

Un barrage

Le 7 septembre, le véhicule prenait cet ouvrage routier, précédé d’une BMW X1 banalisé de la BRI et suivi par deux autres véhicules du même service. Apercevant plus loin un barrage avec deux voitures (de la BRI), son conducteur s’arrêtait. C’est alors qu’un policier muni de son brassard « police »  et de son arme de service braquait le chauffeur. Il se positionnait sur son côté et lui demandait de descendre. « L’automobiliste refusait d’obtempérer et redémarrait rapidement en percutant légèrement ce policier avec le rétroviseur gauche (sans occasionner de blessure). Il dépassait par la droite le véhicule BMW X1 arrêté devant lui en l’accrochant légèrement puis faisait face aux deux automobiles de la BRI à l’arrêt. »

Muni lui aussi de son brassard « police », le conducteur de l’un d’eux (une Renault Talisman) se positionnait contre l’arrière de la voiture du fuyard. Il mettait en joue de face la Peugeot au moment où l’auto arrivait à environ un mètre de lui. Bien que l’agent ait eu envie de tirer face au danger, il n’avait pas le temps de le faire et se dégageait vers la droite. « Dans ce mouvement, il était percuté à la jambe gauche par l’automobiliste (le certificat médico-légal relevant une ITT de 2 jours) et tirait vers le véhicule par le côté conducteur », assure le procureur. « Son tir brisait la vitre du conducteur, le blessait (en traversant l’un de ses bras positionnés sur le volant) et venait atteindre la passagère par son flanc gauche. »

Un peu avant et au moment du tir, quatre des véhicules concernés avaient un gyrophare intérieur en fonctionnement », indiquent les policiers.

Âgée de 23 ans, la passagère, accompagnatrice du conducteur, est une jeune femme inconnue des services judiciaires, résidant à Saint Étienne du Rouveray. Malgré l’intervention des secours, elle décédait sur place à 2 h 15. « Son décès résulte d’un traumatisme thoracique avec hémothorax droit majeur (accumulation de sang entre le poumon et la paroi thoracique). Le projectile a perforé le ventricule droit, le diaphragme, le foie et le poumon droit. »

Après le tir, le véhicule finissait sa course contre ceux de la police. « Les dégâts constatés sur la Peugeot 208, appartenant au père de la victime, et sur les trois voitures de police, attestent d’une cinétique importante au moment des chocs. » Immédiatement interpellé, le conducteur était placé en garde à vue. Il s’agit d’un jeune homme né en 1996, domicilié à Saint Etienne du Rouveray, très connu de l’institution judiciaire notamment pour des faits d’infractions à la législation sur les stupéfiants et de délinquance routière. »

Une enquête sur place

Le procureur de la République de Rennes se rendait immédiatement sur place afin notamment de procéder à une mise en situation. « Les premières constatations permettaient de retrouver 111 grammes de cocaïne dans un sachet en bordure de la bretelle, lancé selon l’un des policiers par la vitre avant passager de la Peugeot. La perquisition dans le véhicule ne devait pas apporter d’éléments supplémentaires à ce titre. »

Auteur du tir, le représentant des forces de l’ordre était immédiatement entendu en qualité de témoin par l’IGPN (il pourra être à nouveau interrogé au besoin dans un cadre juridique différent). Dans le même temps, le conducteur ne donnait aucune contestation aux éléments résultant des constatations et des témoignages des policiers. « Il faisait valoir son droit au silence », ajoute le procureur.

Depuis le 7 septembre 2022, la mère de la jeune femme décédée a déposé une plainte pour homicide involontaire contre le conducteur du véhicule. Dans le cadre de l’enquête initiale pour infractions à la législation sur les stupéfiants, le destinataire présumé des produits, né en 1989, est faiblement connu de l’institution judiciaire. Il a été interpellé le 7 septembre 2022 à son domicile dans le Finistère à Saint Jean de Trolimon. « Au cours de la perquisition, 219 grammes d’héroïne étaient découverts. » Les deux trafiquants ont été déférés ce jour au parquet de Rennes.

Une information judiciaire confiée à un juge d’instruction a été ouverte. Dans ce cadre, le conducteur de la Peugeot a été mis en examen des chefs de trafic de stupéfiants (acquisition, détention, transport, offre ou cession et importation), association de malfaiteurs délictuelle et refus de remettre ses codes de téléphone. Il a été placé en détention provisoire conformément aux réquisitions du parquet. Le trafiquant a été mis en examen pour infractions à la législation sur les stupéfiants et mis sous contrôle judiciaire suivant également les réquisitions du parquet.

Infos + : À la suite de ces faits, deux nouvelles procédures criminelles ont été immédiatement ouvertes par le parquet de Rennes. Une procédure pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique et violences avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique a été confiée à l’IGPN. Cette enquête a pour objectif de préciser les circonstances de l’usage de l’arme. Une seconde procédure pour tentative d’homicide volontaire sur personne dépositaire de l’autorité publique est confiée à la brigade criminelle de la PJ de Rennes. « Les investigations dans le cadre de ces deux procédures vont se poursuivre avant qu’une orientation ne soit rapidement donnée par le parquet. »

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jean-christophe collet

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