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“JE SUIS HEUREUX DE VOIR AUTANT DE MONDE DÉFENDRE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE”

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Dans un pays aujourd’hui bridé dans ses libertés, il peut apparaître surréaliste de manifester pour défendre la liberté… d’informer. Mais voilà ce triste paradoxe est une vraie réalité au regard d’une crise sanitaire sans précédent. Ce samedi matin, environ un millier de Rennais, tous masqués, battaient le pavé devant la République pour protester contre l’article 24 du projet loi Sécurité globale qui prévoit de punir sévèrement la diffusion de l’image ou toute autre identification d’un policier ou gendarme lorsqu’il agit dans le cadre d’une opération de sécurité.

L’intégrité d’une corporation

A l’appel du Club de la presse de Bretagne, de syndicats et de partis politiques, les manifestants sont venus avec de nombreuses banderoles où l’on pouvait lire quelques slogans bien sentis. “1984 n’était pas censé être un mode d’emploi,”, affirmait l’un. “C’est peut-être la dernière fois qu’on peut vous filmer, souriez !”, précisait l’un. “L’appareil photo n’a jamais tué personne”, ajoutait un dernier. Ici où là, on rivalisait d’ingéniosité pour protester contre la loi sécurité globale. “Je suis heureux de voir autant de monde défendre la liberté de la presse”, se réjouissait un vieux journaliste. “Mais il y a encore quelques mois, les photographes de presse étaient mal vus dans les cortèges. Des gens capuchonnés (1) nous demandaient parfois de ne pas les photographier. On nous accusait d’être les suppôts du pouvoir”, ajoutait-il.

Photo Enocq

Face à une telle violence, le reporter était désarçonné. “Les journalistes font leur métier. Ils ne sont ni pour, ni contre un mouvement. Ils sont là pour informer juste informer au regard de leur ligne éditoriale et que cela plaise ou non. Il y a vingt ans, les policiers renseignaient élégamment la presse de leur prochaine “charge” et les manifestants souriaient devant nos objectifs. Aujourd’hui, c’est tout le contraire, tout s’est durci. Les policiers font parfois aucune différence entre un journaliste et un manifestant tandis que les contestataires les plus ultras prennent les journalistes pour des cibles.”

Contre ces attitudes, il ose croire au retour de la courtoisie envers sa profession. “On me traitera d’utopiste. Mais j’aimerais plus de respect à notre égard.” Et de rappeler l’intégrité de sa corporation : “un jour des gendarmes sont venus dans mon agence. Ils m’ont demandé des photos d’une manifestation de pêcheurs. J’ai refusé tout net. Ils m’ont dit ; rien de grave, nous en avons aussi ! Tout le monde a le droit de prendre des photos ou des films à condition de respecter les personnes. C’est cela la liberté !”

(1) Les forces de l’ordre demandaient elles de fournir parfois les cartes de presse.

 

 

A propos de l'auteur

jean-christophe collet

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