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dimanche 21 juillet 2024
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FÉMINICIDE DE VILLEJEAN : LE MARI DE MARIE MIS EN EXAMEN POUR MEURTRE

Dans une tour de Villejean, au 24 rue du Bourbonnais, ce mardi 12 avril 2022, Marie Thakizimana, une femme franco-congolaise de 45 ans, est morte étranglée par son concubin dans leur appartement. Dans la matinée suivant son crime, son compagnon, judoka de 48 ans, s’est présenté au commissariat de police du Blosne. Placé en garde à vue à la sûreté départementale, l’homme a été déféré au parquet de Rennes, ce jour. « Il a été mis en examen pour meurtre par une personne étant ou ayant été conjoint par un pacte civil de solidarité », explique ce soir, la procureure adjointe, Flavie Le Sueur. « Il est sous les verrous. » 

Tu m’as privé de ton sourire. Tu m’as juste laissé des larmes. Tu vas vraiment me manquer Maria, Marie Thakizimana. Repose en paix, ma chérie », précise une de ses amies, Lydia

D’après un communiqué de Flavie Le Sueur, l’homme a reconnu » des violences et des gestes d’étranglement à l’encontre de la victime au cours de la nuit de lundi à mardi dernier ». « J’ai agi dans un contexte de dispute pour un motif futile et d’alcoolisation », a-t-il assuré aux enquêteurs. « Je ne voulais pas tuer ma femme. » Depuis quelque temps, l’individu fréquentait de nouveau sa conjointe, malgré l’interdiction d’entrer en contact (il avait déjà été condamné pour brutalités conjugales). « Il avait repris une vie de couple et dormait de temps en temps chez elle, d’un commun accord. Ce dernier point devra être éclairci par l’instruction, tout comme le déroulement exact des faits », explique la procureure adjointe. Le mis en examen encourt la réclusion criminelle à perpétuité, outre notamment un suivi sociojudiciaire et le retrait total de l’autorité parentale. » 

Il a étranglé sa femme devant ses enfants. C’est aujourd’hui au cœur de notre quartier. C’est affreux, horrible », explique Régine Komokoli sur le réseau social Facebook

 

Mais depuis le meurtre de Marie, de nombreuses associations montent au créneau. « Ce meurtre aurait pu être évité », précise Sylvaine Grevin (Fédération nationale des victimes de féminicides). « Nous bénéficions aujourd’hui d’outils pour protéger les femmes, dont le bracelet anti-rapprochement. Je souhaite comprendre pourquoi cet auteur récidiviste et dangereux lors de son suivi probatoire n’en portait pas alors que ce dispositif selon le garde des Sceaux était généralisé à l’ensemble du territoire depuis décembre 2020. » 

Interpellé par nos soins, le parquet a tenu à apporter des éclaircissements. « Il n’y avait pas de mise en place de bracelet anti-rapprochement à la sortie de prison du mari (8 juillet 2020), car ce système n’était pas encore déployé sur notre ressort à cette date. Le téléphone “grave danger” (pour les femmes) n’a pas non plus été pourvu. Car la compagne n’a pas répondu aux sollicitations de l’association d’aide aux victimes mandatée par le parquet pour l’audience. Par la suite, aucune difficulté n’a été signalée par la famille au moment de la sortie de détention de l’intéressé et au cours des mois suivants. Aucune plainte n’a été déposée, ni main courante, ni demande d’intervention policière au profit de la victime, jusqu’à ce lundi. »

Mais dans un contexte national où la lutte contre les féminicides demeure une priorité, ce sordide meurtre fait tache.  À titre d’information, 264 personnes sont actuellement détenues à Rennes Vezin pour des faits de violences conjugales. 493 autres sont suivies par les juges d’application des peines « Quatre bracelets antirapprochement (sur décision d’un magistrat) ont été mis en œuvre en 2021 et 6 au premier semestre 2022. Onze téléphones graves en danger (sur choix du parquet) ont été délivrés en 2021 et 14 au premier semestre 2022. » Dans cette affaire, les deux fillettes du couple ont fait l’objet d’une ordonnance de placement provisoire et un juge des enfants est saisi de leur situation. À Rennes, une marche blanche en hommage à Marie sera organisée le samedi 23 avril à 17 heures. 

Infos + : L’homme était récidiviste. En 2019, il avait été jugé dans le cadre d’une comparution immédiate pour des violences aggravées par deux circonstances (par conjoint et avec arme). Il avait été condamné à la peine de 1 an et 6 mois d’emprisonnement, dont 8 mois assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve pendant 2 ans.  Cette condamnation était accompagnée de l’interdiction d’entrer en relation avec la victime et de paraître à son domicile et d’une obligation de soins et de payer de dommages et intérêts. L’homme fut incarcéré au centre de détention de Rennes Vezin du 16 décembre 2019 au 8 juillet 2020. Puis, le SPIP 35 (Service pénitentiaire d’insertion et de probation) l’avait pris en charge dans le cadre du sursis probatoire qui devait prendre fin le 8 juillet 2022.  

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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