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IL DIT AUX POLICIERS : J’AI ÉTRANGLÉ MA FEMME

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« J’ai étranglé ma femme, » a expliqué ce matin, un Congolais de 48 ans, au bureau de police de Villejean où il venait de se présenter. Vérification faite, les policiers ont découvert au cinquième étage d’un immeuble, situé 24 rue du Bourbonnais, le corps sans vie de la victime âgée de 45 ans et également de nationalité congolaise. Immédiatement, une enquête flagrante pour meurtre par conjoint a été confiée à la sûreté départementale par le parquet de Rennes. « Le suspect, par ailleurs alcoolisé, a été placé en garde à vue, mais n’a pas encore pu être entendu sur les circonstances des faits », confie Flavie Le Sueur, procureure de la République adjointe.

Depuis le drame, une autopsie de la victime a été ordonnée afin de déterminer les causes de la mort. « Les deux fillettes du couple, âgées de 8 et 9 ans, présentes sur les lieux, ont été hospitalisées en observation pour plusieurs jours », ajoute le parquet. « Leur audition sur les faits ne pourra intervenir qu’après avis médical. » À ce jour, les circonstances précises ne sont donc pour l’heure pas établies.

Déjà de nombreuses violences conjugales

Marié en République démocratique du Congo en 2012, le couple s’était établi depuis en France. Mais très vite, des difficultés deviennent récurrentes. « Une première plainte de la victime pour violences par conjoint avait été classée sans suite en 2013, étant insuffisamment caractérisée. Au cours de l’année 2015, un juge avait été saisi à la suite de brutalités commises par l’homme sur l’un des enfants de madame. Enfin, une mesure de composition pénale avait été ordonnée en 2016, après la dénonciation de nouveaux faits. Un stage de sensibilisation aux maltraitances conjugales avait été décidé. »

En 2016, l’individu avait déposé plainte contre son épouse pour des sévices, procédure classée sans suite comme insuffisamment caractérisée. « Il avait par ailleurs saisi le magistrat aux affaires familiales afin d’obtenir une ordonnance de protection, dont il avait été débouté. » Puis, en 2019, le mis en cause avait été jugé dans le cadre d’une comparution immédiate pour des violences aggravées par deux circonstances (par conjoint et avec arme). L’homme avait été condamné à la peine de 1 an et 6 mois d’emprisonnement, dont 8 mois assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve pendant 2 ans. 

Cette condamnation était assortie de l’interdiction d’entrer en relation avec la victime et de paraître à son domicile et d’une obligation de soins et de payer de dommages et intérêts. Le tribunal avait en outre ordonné la révocation d’un sursis de 6 mois, prononcé à la suite de faits de rébellion, en 2017. Le condamné fut incarcéré au centre de détention de Rennes Vezin du 16 décembre 2019 au 8 juillet 2020. Puis, le SPIP 35 (Service pénitentiaire d’insertion et de probation) l’avait pris en charge dans le cadre du sursis probatoire qui devait prendre fin le 8 juillet 2022. “Les premières investigations ne font pas état de plaintes de la victime ou de mains courantes d’intervention policière depuis la condamnation de 2019”, ajoute la procureure adjointe.

Je pense aux deux petites filles

À Villejean, l’affaire a fait grand bruit. « Des scellés sont posés sur la porte, » explique une locataire de l’immeuble de quinze étages, géré par Espacil. « Je suis secouée depuis que je suis descendue de chez moi et j’ai croisé la police dans les escaliers. Cela nous fait mal ! Je pense aux deux petites filles hospitalisées aujourd’hui. » En revanche, comme beaucoup, elle ne connaît pas l’heure du drame. « Plusieurs versions sont données. Les faits se seraient déroulés vers une heure du matin selon certains. » Face à ce drame, l’habitante du quartier demeure perplexe. « Ce n’est pas la première fois qu’elle est plus que tabassée ! Une des filles, âgée de plus de 20 ans, en parlait déjà. Lors d’une des scènes, elle avait pris des photos et s’était réfugiée chez des voisins pour appeler les forces de l’ordre. À plusieurs reprises, la police est venue, mais personne n’ouvrait la porte.  Tout le monde avait peur de lui.» 

Tout le monde avait peur de lui.” 

Depuis sa sortie de prison, l’homme avait été observé avec ses filles. « Avait-il décroché un droit de visite ? Les deux petites le réclamaient», s’interroge une voisine. « Beaucoup avaient vu des photos des violences. Les gens n’en reviennent pas ! On croit que ce genre de choses se passe chez les autres, mais là c’est à notre porte. » Les riverains veulent désormais de la sérénité dans un immeuble connu aussi pour des trafics de stupéfiants. Au quatorzième étage, des proches de la victime priaient déjà ce soir pour le repos de son âme. 

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jean-christophe collet

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