Plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées, ce mardi 27 janvier 2026 devant le rectorat, rue d’Antrain, à Rennes, à l’appel de six syndicats de l’Éducation nationale et de la fédération des parents d’élèves FCPE 35. Dans les écoles maternelles et primaires du département, cette journée visait à alerter sur la dégradation des conditions d’enseignement dans le premier degré.
Enseignants, parents, AESH et agents territoriaux ont dénoncé un manque de moyens humains jugé incompatible avec les besoins actuels des élèves, en particulier ceux en situation de handicap. Au cœur des inquiétudes exprimées figure la question de l’accompagnement des élèves à besoins éducatifs particuliers, dans un contexte de forte tension des équipes. « Avec les suppressions de postes annoncées, on est très loin d’une amélioration des conditions de travail. Au contraire, la situation risque encore de s’aggraver », témoigne un enseignant mobilisé. Il décrit une profession fragilisée. « Il y a aujourd’hui une perte profonde de croyance dans le métier. La fatigue est énorme, parfois à la limite du burn-out. Quand on parle d’une école en rupture, cela se traduit concrètement par la multiplication des arrêts de travail et des accidents de service. Des classes se retrouvent sans enseignants, et il n’y a pas de remplaçants pour assurer la continuité. »
La mobilisation a été renforcée par les informations communiquées aux organisations syndicales faisant état d’un projet de suppression pouvant aller jusqu’à 97 postes d’enseignants dans l’académie de Rennes à la rentrée prochaine. Ce chiffre contesté est encore susceptible d’évoluer, mais il est jugé révélateur d’une orientation budgétaire inquiétante par les syndicats, qui espéraient que la baisse démographique permette au contraire d’améliorer les conditions d’enseignement. La grève a entraîné la fermeture de plusieurs écoles et des perturbations dans les cantines et accueils périscolaires à Rennes et dans d’autres communes du département. Les organisations préviennent que sans signaux clairs de l’État, la mobilisation pourrait se poursuivre. Photo Martin.



