19 C
Rennes
vendredi 22 mai 2026
AccueilActualitésÉdito : une colère plurielle !

Édito : une colère plurielle !

Dans notre héritage judéo-chrétien, la colère est un péché capital. Chez les Stoïciens, elle est absence de maîtrise de soi. « La colère est une folie brève », répétait le philosophe Sénèque. Autrement dit, elle serait l’apanage des milieux populaires. Elle est tout l’exact opposé de ceux qui prétendent, gouverner et nous diriger.

Pourtant, la colère est partout, universelle, plurielle. Elle traverse notre société. Elle est parfois sourde, souvent explosive. Elle fut au firmament avec les gilets jaunes, lorsque la hausse du carburant a mis le feu aux poudres. Mais aujourd’hui, l’essence de la colère s’est diffusée dans toutes les strates de notre société, dans toutes les couches professionnelles.

Les corps sociaux sont fatigués, usés par des rhumatismes… sociaux. Les plus modestes ne parviennent plus à remplir leurs frigos et se retrouvent dans les files des épiceries solidaires. Les classes moyennes, elles, ont le sentiment de travailler pour rien : toujours plus de taxes, toujours plus d’impôts. Les chefs d’entreprise, enfin, se plaignent de charges de plus en plus lourdes. Certains préfèrent mettre la clé sous la porte. 

Pendant ce temps, une minorité s’en met plein les poches. Elle oublie toute notion de justice ou de charité. Entre « France d’en bas » et « France d’en haut », entre les territoires qui survivent et une capitale où se perpétue un entre-soi confortable, le fossé se creuse. Face aux besoins concrets, on répond par l’écocolère. On répond par des tableaux Excel, des budgets. En ces temps de restrictions, plus de place aux rêves, aux ambitions, à la méritocratie.

Tout cela s’est évaporé dans des promesses électorales creuses. Nos élites n’imaginent plus le bonheur collectif. Elles cultivent leur carrière. Tant qu’elles se renouvellent entre elles, les gueux pourront trimer. À droite comme à gauche, le social a disparu du radar. La société est devenue inégalitaire, où chacun se débat dans ses urgences quotidiennes. « L’oppression la plus criante est de ne pas laisser les hommes penser à l’avenir », écrivait Simone Weil.

Et pourtant, les attentes ne sont pas compliquées : vivre décemment, un peu de pain et même quelques jeux. Mais tant que le pouvoir se contentera d’opposer des chiffres aux souffrances, la colère – multiple, diverse, insidieuse – continuera de gronder dans toutes les provinces. Le blocage n’est pas toujours là où l’on croit. 

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

// Dernières nouvelles publiées

CHU de Rennes : Jean-Yves Gauvrit et Gildas Le Borgne distingués dans l’ordre national du Mérite

Le professeur Jean-Yves Gauvrit et Gildas Le Borgne figurent parmi les personnalités nommées au grade de chevalier dans l’ordre national du Mérite, selon le...
- Advertisement -
- Advertisement -

// Ces articles peuvent vous intéresser