CECI EST UN TEST 1
Actualités

AU LIBERTÉ : BISBILLE ENTRE MÉDECINS ET INFIRMIERS SUR LE DROIT DE VACCINER

test2

Il est médecin généraliste (on ne donnera pas son nom par souci de garder son anonymat). Il y a quelques jours, il a travaillé de 9h30 à 15h au Liberté, (en plus de ses consultations). “Je n’ai eu le droit de vacciner aucun patient au Liberté”, dénonce-t-il. “Les gens étaient debout dans les couloirs ou assis dans la salle de concert les uns à côté des autres, sans aucune distanciation. Un d’entre eux a fait un malaise vagal (il y en a chaque jour plusieurs).” En sortant du centre, à 15h et en constatant la file d’attente d’environ 100 personnes sur l’esplanade Charles de Gaulle, en plein soleil, il a décidé de témoigner dans nos colonnes. 

Lucratif vaccin !
“Depuis l’ouverture du centre, les infirmières s’octroient le monopole de vacciner les patients, par intérêt financier”, regrette-t-il. “Elles sont doublement payées par la CPAM : à la vacation et à l’acte (5,40 euros par patient vacciné). Chaque jour, elles utilisent leurs cartes CPS (carte professionnelle de santé) et se répartissent la somme de 8640 euros par jour (1600 doses de vaccins/ jour, x 5,40), répartis entre les infirmières (environ 10 le matin, 10 l’après- midi), en plus de leur vacation. Ce manège est organisé par la responsable des infirmières, sous couvert des deux responsables de la ville de Rennes.”
Au Liberté, le rôle des médecins est réduit à prendre la température des gens, à dresser un interrogatoire rapide pré vaccinal, et surtout de signer la feuille de circulation des patients, pour couvrir ces dames. “En mai et juin dernier, les deux responsables de la ville de Rennes ainsi que l’infirmière-chef ont obligé les médecins à faire ce qu’ils appelaient du “triage” à l’entrée de la salle de concert pour davantage de rendement. Nous faisions un interrogatoire en une minute à un comptoir, sans aucune confidentialité (les gens faisaient la queue à chaque comptoir). Nous signions des feuilles de circulation, y compris des feuilles des patients en seconde dose qui avaient coché « je ne souhaite pas voir de médecin.” 

Une engueulade

Refusant d’effectuer un tel travail, le médecin a eu le droit à une “engueulade” par le responsable de la Ville de Rennes et des menaces de ne pas être gardé dans l’équipe. “Début juillet, les infirmières étant débordées. Les médecins ont enfin eu le droit de vacciner mais en temps limité (1h30 sur chaque vacation de 6 heures). J’ai constaté que cela permettait déjà de fluidifier le passage des patients et de réduire leur temps d’attente.”Au regard de cette situation, le professeur Dauriac, médecin chef en hématologie retraité, a écrit un mail pour dénoncer les pratiques des infirmières et surtout pour demander l’autorisation de vacciner pour 5 médecins sur 8 par vacation…”Il s’est vu “punir” de vaccination le lendemain. Le comble s’est produit un soir, lorsque la Maire de Rennes, Nathalie Appéré, est arrivée pour recevoir sa 2ème dose. Elle a coché:”Je ne souhaite pas voir de médecin”. La responsable est alors venue voir le médecin, gênée: tu peux signer sa  feuille tout de même? . Il a refusé. La responsable, qui avait passé la journée entière derrière son ordinateur, dans un boxe, s’est postée pendant 30 minutes au milieu de la salle de concert, sur le passage obligé de la maire, puis a discuté un long moment avec elle.”

La maire de Rennes vaccinée

Depuis, hier, changement de politique. “En raison du décès d’un patient au centre de vaccination de St Grégoire, les médecins n’ont à nouveau plus le droit de vacciner, et fini le “triage” (que je refusais de faire). Ils sont retournés dans les boxes de consultation et n’ont plus le droit de signer les feuilles sans voir les gens…Il faut un peu de sérieux tout de même. Les infirmières gardent le monopole de la vaccination, avec un grand parapluie ouvert au-dessus de leur tête. Et les files d’attente s’allongent, les gens font des malaises en pleine chaleur…Et la Covid circule.”

Exemple à (ne pas) suivre : La semaine dernière, en allant chercher sa boite de seringues dans la salle de dilution, une infirmière lui a demandé : “vous êtes infirmier ou médecin?” Après réponse, elle a ordonné à sa jeune collègue qui me tendait une boite: “Enlève-lui 7 seringues de la boite, il est médecin, il n’a le droit qu’à une boite de 21 seringues, pas 28! C’est pour une raison d’équité. Dans la bouche de cette infirmière, il semblait s’agir d’équité… financière.”

A propos de l'auteur

jean-christophe collet

Pour tout contact. 06 75 37 16 66

Laisser un commentaire