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samedi 21 mars 2026
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une « vilaine » plante !

Une nouvelle espèce exotique envahissante vient de faire son apparition dans la région. Le Myriophyllum heterophyllum, aussi appelé myriophylle hétérophylle, a été identifié par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement Bretagne, en collaboration avec le Conservatoire botanique national de Brest, dans le bassin de la Vilaine, entre Bruz et Guichen. C’est la première fois que cette plante aquatique est officiellement signalée en Bretagne.

Originaire d’Amérique du Nord, le myriophylle hétérophylle est classé espèce exotique envahissante préoccupante pour l’Union européenne et encadré par la réglementation française. Sa progression sur le territoire national est suivie depuis plusieurs années, notamment dans les Pays de la Loire et en Centre-Val de Loire. Son arrivée dans le bassin de la Vilaine marque une nouvelle étape dans son expansion.

Cette plante aquatique est réputée pour sa capacité à coloniser rapidement les milieux. Elle développe de longues tiges immergées pouvant atteindre cinq mètres, qui s’entrelacent et forment des herbiers denses sous la surface. Ses feuilles submergées sont très finement divisées, presque en filaments, ce qui lui donne un aspect plumeux caractéristique dans l’eau. À la surface, les feuilles deviennent plus larges et plus rigides. En période de floraison, entre juin et septembre, de petites fleurs blanches ou rosées émergent au-dessus de l’eau.

L’ensemble peut rapidement former un tapis végétal continu.

Ces herbiers compacts réduisent fortement la pénétration de la lumière et la circulation de l’oxygène. Les espèces locales, qu’il s’agisse de plantes aquatiques, d’invertébrés ou de poissons, peuvent en subir les conséquences. À mesure que la densité augmente, les usages humains sont également perturbés. La navigation de loisir devient plus difficile, la pêche est entravée et la gestion hydraulique des cours d’eau se complique.

Face à cette situation, la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement Bretagne annonce la mise en place d’un plan d’action en lien avec le Conservatoire botanique national de Brest et les collectivités concernées. Les autorités entendent d’abord renforcer l’information des gestionnaires de milieux aquatiques, des pêcheurs et des usagers afin de limiter toute propagation accidentelle. « Un dispositif de signalement d’urgence doit permettre d’identifier rapidement d’éventuels foyers sur le territoire régional », précise la préfecture. « Si l’invasion devait s’étendre, des arrêtés départementaux pourraient être pris afin d’encadrer des opérations d’arrachage et d’organiser un suivi régulier des zones touchées. »

Les services de l’État appellent à la vigilance collective. Toute observation suspecte peut être transmise au Conservatoire botanique national de Brest et à la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement Bretagne. Pour chaque nouveau signalement, les usagers sont invités à nettoyer soigneusement bottes, filets et embarcations après chaque sortie et à ne jamais jeter de végétaux dans un cours d’eau ou un plan d’eau. Même s’il s’agit de plantes issues d’un jardin ou d’un bassin privé.

Cette annonce suscite également une réaction locale. L’association départementale La Nature en Ville, présidée par Pascal Branchu, estime que l’apparition du myriophylle hétérophylle ne peut être dissociée de la gestion des cours d’eau et des ouvrages hydrauliques. « Après les inondations de janvier 2025 aux prairies Saint-Martin, nous avions déjà alerté sur le dépôt de sédiments. Ceux-ci remontent les masses d’eau, aggravent l’impact des crues et facilitent l’installation et la propagation rapide des espèces invasives ».

Selon l’association, ni le canal d’Ille-et-Rance ni la Vilaine n’auraient été curés depuis la fin des années 1970. Au regard de cette situation, l’association critique un manque d’investissement dans l’entretien des ouvrages et des cours d’eau à Rennes.. « Des choix budgétaires ont privilégié des projets d’aménagement au détriment de la maintenance des infrastructures existantes. Le service dû par l’impôt n’est pas rendu », affirme-t-elle. « Sans action structurelle, la plante invasive pourrait s’installer durablement jusque dans la ville de Rennes. » La Bretagne saura-t-elle contenir cette espèce avant qu’elle ne transforme en profondeur ses milieux aquatiques ? 

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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