La mort de Quentin, 23 ans, à Lyon, après le drame survenu en marge d’un conférence de Rima Hassan à Sciences Po, provoque une onde de choc nationale. À Rennes, en pleine campagne municipale, le décès du jeune homme suscite des réactions fortes des principaux candidats. Placées dans l’opposition, trois têtes de liste (Charles Compagnon, Thomas Rousseau et Julien Masson) dénoncent la violence politique. Mais chacun le fait avec ses mots et en rapport avec la situation locale.
« La mort du jeune Quentin à Lyon, est un drame effroyable », explique Charles Compagnon (centre droit). « Une famille est plongée dans une douleur indicible. (…) L’enquête devra déterminer précisément les circonstances et identifier les auteurs des faits. » Mais sans hésiter, la tête de liste de Vivre à Rennes tient à élargir son propos à la situation rennaise. « À Rennes, des groupuscules d’ultragauche mènent régulièrement des actions brutales : manifestations dégénérant en affrontements, dégradations urbaines, blocages à l’université. Cette violence s’est déjà traduite par des agressions physiques contre des élus dans le passé ou, plus récemment, contre deux étudiants violemment blessés devant la faculté de droit. Cette réalité locale ne doit pas être minimisée. Elle impose une parole ferme et cohérente. »
Au passage, le candidat interpelle la majorité sortante . « Dans un moment d’une telle gravité, le silence de Nathalie Appéré interroge profondément. Nous le disons clairement . On ne peut pas, d’un côté s’associer à un parti, La France Insoumise, dont les positions répétées nourrissent un climat de tension permanent, et de l’autre, prétendre incarner l’autorité sans réserve. Face à la radicalisation, face aux nouvelles formes de fascisme, il ne peut y avoir ni calcul politique ni complaisance. Rennes mérite une ligne nette, républicaine, sans ambiguïté. »
Candidat Les Républicains, Thomas Rousseau est tout aussi virulent. « L’extrême gauche tue. Face aux antifas qui sèment le chaos et déchirent notre société, nous ne laisserons rien passer. » Mais il préfère laisser la parole à un de ses militants, âgé de 23 ans, comme Quentin. « Quand on a 23 ans, on devrait construire sa vie, pas la perdre dans des affrontements idéologiques. La violence politique est en train de fracturer notre pays. On peut être en désaccord, on peut s’opposer, mais jamais la violence ne doit remplacer la parole. À Rennes, nous voulons une ville où l’on débat fermement, mais dignement. Une ville qui protège la liberté d’expression. Une ville qui refuse la radicalisation et la haine, d’où qu’elles viennent. »
Dans son communiqué, le Rassemblement National, par la voix de Julien Masson, pointe du doigt, lui, l’ultra gauche. « Les faits sont d’une extrême gravité et appellent la mobilisation de l’ensemble de la classe politique. Ils ne sont malheureusement pas isolés. L’extrême gauche tue. Elle terrorise. Elle agit en toute impunité. » Comme ses deux rivaux, sa déclaration évoque également la situation rennaise. « À Rennes, cette violence est une réalité bien connue. Sur le campus de Rennes 2, des groupuscules s’organisent librement avant de semer le chaos en centre-ville (magasins cassés et pillés, policiers attaqués, citoyens agressés pour leurs opinions… )» Et de rappeler : « Deux étudiants ont ainsi été lynchés sur le parvis de la faculté de droit de Rennes par des membres du syndicat “Union Pirate”, proche de LFI. Plus récemment, des commerçants bouquinistes ont été agressés place Sainte-Anne par des militants d’extrême gauche lors d’un rassemblement anti-police, agressions qui n’ont toujours pas été condamnées par la gauche rennaise. »
En filigrane, Julien Masson évoque une situation personnelle. « Le 30 mai 2024, lors des Européennes, alors que je tractais sur le marché Jeanne-d’Arc de Rennes, j’ai moi-même été blessé par un partisan LFI, depuis condamné par la justice. (…) Ce silence, cette complaisance, la manière qu’a La France Insoumise de désigner des cibles ont une conséquence directe : l’explosion des violences politiques et la mise en danger de nos concitoyens. Il est temps que l’État fasse respecter l’ordre républicain face à l’extrême gauche, véritable poison pour la démocratie. »
Après ce drame, la candidate insoumise Marie Mesmeur n’a pas réagi personnellement par un communiqué propre. Elle a toutefois relayé sur X les publications de Mathilde Panot et de Rima Hassan. La première dénonce « l’instrumentalisation de la mort de Quentin Deranque », tué en pleine rue à Lyon. « Faire peser sur notre groupe une “responsabilité morale” imaginaire ne parviendra pas à éclipser votre réelle responsabilité politique (celle du gouvernement en place). Pourquoi aucun dispositif n’a été prévu alors que les renseignements territoriaux étaient avertis de la présence de Némésis ? Pourquoi n’avez-vous jamais tenu compte d’aucune de nos alertes ? », a-t-elle affirmé sur le réseau social.
De son côté, Rima Hassan déclarait, elle, sur X. « J’ai appris avec effroi les faits concernant le jeune homme Quentin (…). Pour chacun de mes déplacements, le seul et l’unique service d’ordre qui m’accompagne est celui de La France insoumise, qui n’a jamais recours à la violence (…). Une enquête doit faire toute la lumière sur les circonstances de ces faits extrêmement graves et inacceptables que je condamne fermement. Les personnes responsables de ces violences doivent rendre des comptes dans les plus brefs délais pour que justice soit faite. »


