Le mot d’ordre est clair : « tout bloquer ». Depuis des semaines, il circule sur les réseaux sociaux, s’affiche dans les assemblées de quartier et s’incruste dans les conversations militantes de la gauche et de l’ultragauche. À Rennes, comme ailleurs en Bretagne, la journée du 10 septembre s’annonce agitée.
Dans la capitale bretonne, ce week-end encore, on discutait des actions possibles à Cleunay, à Villejean ou au parc des Gayeulles, où une quarantaine de personnes se sont retrouvées selon France Bleu Armorique. La rocade, déjà citée à plusieurs reprises, resterait une cible symbolique dès 6 h 30, ce mercredi matin. D’autres évoquent des barrages filtrants aux entrées de la ville, ou des rendez-vous dès l’aube aux stations de métro.
le sort de monsieur Byarou nous est indifférent, mais de rompre enfn avec la logique d’austérité qui entraîne regression sociale et démocratique », Fabrice Lerestif (FO)
À un moment ou un autre, tous envisagent de se rassembler en centre-ville, avec une manifestation prévue en fin de matinée à République. La colère ne se limite pas aux collectifs informels. Les syndicats du social et de la santé se donnent rendez-vous devant la préfecture, pendant que les étudiants de Rennes 2 débattent ce lundi d’un possible blocage. Dans les transports, la grève s’annonce inégale : certains bus et métros resteront à quai. À la gare, la CGT-Cheminots appelle à une mobilisation forte, et dans les airs, Sud et la CGT Air France suivent le même chemin.
Au centre-ville, certains commerçants ont préféré installer des panneaux de bois sur leurs vitrines. D’autres annoncent carrément la fermeture pour la journée, choisissant d’afficher leur solidarité. Ce qui se profile, ce n’est pas une marée humaine unique, mais une mosaïque d’actions locales, difficiles à anticiper pour la police. Mais le 10 septembre n’est qu’une étape. Déjà, l’intersyndicale prépare le 18, présentée comme la véritable rentrée sociale, avec l’ambition d’unir secteurs publics et privés dans la rue. Rennes s’apprête donc à vivre deux journées de tension en moins de dix jours, avec dès ce lundi soir un rassemblement prévu devant la mairie.


