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mardi 23 avril 2024
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CONTRE LE HOOLIGANISME : VIVE LE FOOT FEMININ !

Marc Zoule, Rennais et enseignant, a envoyé à notre rédaction ce billet d’humeur que nous publions bien volontiers : 

Ô dieux du stade ! Par quelle folie vous inondez- nous de cette marée de testostérone qui empoisse de sueur et de sang les abords des prés du ballon rond ? Le sport, oui le sport, mais où est-il donc niché au milieu de ces spectateurs assoiffés de bière et d’hémoglobine ? J’ignore si les Grecs qui se réunissaient tous les quatre ans pour les Jeux Olympiques montraient un tel acharnement à soutenir leurs champions. C’étaient des fêtes sacrées, même quand des cités étaient en guerre. Ces trêves presque liturgiques voulues par des régimes différents, démocratiques ou tyranniques servaient à suivre des recommandations divines : les hommes se mettaient en marche pour y assister. Les athlètes vainqueurs devenaient la fierté de chaque cité, palme et couronne, arrivée triomphale en char, rente versée à vie par l’état. Les jeux, période cycliques de paix et de joie commune.

Et le football ? Je veux dire ce jeu fédérateur dans le monde entier. Quand tout le monde ne possédait pas une télévision, je veux dans ces temps immémoriaux où les cafés populaires faisaient le plein de spectateurs enthousiastes qui n’avaient pas les moyens de s’offrir un billet d’entrée au stade, les yeux serrés vers un écran en noir et blanc et vers l’espoir d’une victoire pétillante, il ne me semble pas qu’une fureur se soulevait au point d’aller salement en découdre. Les équipes adverses n’étaient pas ennemies jurées. J’ai été enfant le spectateur de matchs locaux de touchante camaraderie. Avec le grand malheur irréparable, à cet âge et devant ses amis, d’être incapable de jouer correctement ; à peine m’avait-on concédé une fois ou l’autre une place d’arrière remplaçant dans une équipe informelle. Jouer bien au foot avait petite vertu d’identité sociale. Mais je restais sincèrement et viscéralement admiratif devant les talents des autres.

 Le football est certes devenu au fil des décennies à certains égards l’opium du peuple, mais il se transforme en drogue dure pour des lendemains qui déchantent. En effet la perplexité m’envahit devant ces grandes messes sportives célébrées dans des stades qui vocifèrent où semble se jouer l’avenir d’une nation. C’est Vercingétorix qui unifie les tribus gauloises attachées normalement à leurs clubs locaux. Cela devient l’unique préoccupation nationale. Une bombe nucléaire aurait moins d’effet dans le déroulement des actualités. Sans exagération, tout le reste disparaît, s’efface alors que les cœurs sont suspendus entre joie, déception, colère, contestation, tous ces états qui affectent les spectateurs polarisés par ce phénomène devenu existentiel.

Alors un peu de nostalgie du football d’antan : certainement. La part obscure de la force : manne financière mais malversations indignes et répétées des dirigeants, dérèglement starisé bling bling d’une carrière de joueur surpayé, goût du sang pour les supporters supporteurs hooliganisés atteints d’une psychopathie obsessionnelle dans laquelle entrent culte de la violence et virilité survoltée et braillard. L’espoir : la découverte étonnante de cet essor du football féminin. Nul doute que les tribunes y soient plus calmes. Pour l’instant. Marc Zhoule

Jean-Christophe COLLET
Jean-Christophe COLLET
J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

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