L’été 1931 ne rimait pas seulement avec baignades, colonies de vacances et excursions sur la Côte d’Émeraude. Il se vivait aussi dans les salles obscures. En feuilletant L’Ouest-Éclair du 18 juillet 1931, on découvre une publicité qui ne manque pas d’ironie : alors que les Rennais s’apprêtent à partir en congés, le cinéma Excelsior programme… Les Vacances du diable.
Le film est projeté du jeudi 16 au lundi 20 juillet. Le quotidien promet aux spectateurs « un film entièrement parlé » avec Marcelle Chantal, l’une des grandes vedettes françaises du début du cinéma parlant. Quelques mois plus tôt, l’actrice s’était déjà illustrée dans plusieurs productions de la Paramount, devenant l’un des visages les plus populaires du grand écran.
Derrière la caméra, on retrouve Alberto Cavalcanti, cinéaste brésilien installé en France, figure importante des débuts du cinéma sonore. Le film est produit par Paramount dans ses célèbres studios de Joinville-le-Pont, où étaient tournées, au début des années 1930, différentes versions d’un même film pour le marché européen. Les Vacances du diable est ainsi l’adaptation française du film américain The Devil’s Holiday.
L’intrigue raconte l’histoire de Betty Williams, interprétée par Marcelle Chantal. Mannequin séduisant, elle conquiert un jeune homme issu d’une famille bourgeoise très conservatrice. Après leur mariage, les vacances chez les beaux-parents tournent rapidement au conflit. Les apparences se fissurent, les conventions sociales éclatent et les tensions familiales prennent le pas sur la romance.
Malgré son titre, il ne s’agit donc ni d’un film fantastique, ni d’un récit de vacances ensoleillées, mais d’un drame sentimental où les congés deviennent le théâtre des affrontements familiaux. Autour de Marcelle Chantal, le public retrouve notamment Thomy Bourdelle, Jacques Varennes et un jeune Pierre Richard-Willm, qui deviendra quelques années plus tard l’une des grandes figures du cinéma français des années 1930 et 1940. En relisant cette publicité de L’Ouest-Éclair, on mesure aussi combien le cinéma parlant est encore une nouveauté. Le journal prend soin de préciser qu’il s’agit d’un « film entièrement parlé », une mention qui peut faire sourire aujourd’hui mais qui constitue alors un véritable argument commercial.


