C’est dans un foyer monoparental que prend place le drame. Après l’AVC (arrêt vasculaire-cérébral) de la mère dix ans auparavant, le père se voit attribuer la garde exclusive de ses trois enfants, deux frères et leur aînée. Très vite, la situation dégénère. Entre 2021 et 2022, la jeune fille fait l’objet des excès de colère et de pression psychologique de son papa alcoolique et âgé de 41 ans. Progressivement, les mots sont remplacés par des coups. Sans retenue, le père frappe violement, lui tire les cheveux et l’étrange. Pis encore, il lui conseille de se suicider et lui tient des propos obscènes ! Il sera arrêté le 6 août 2024, après deux ans de calvaire.
Pour ajouter une couche au tableau, l’homme est menaçant verbalement avec le petit ami de sa fille. Il comparaissait devant le tribunal correctionnel ce jeudi 25 juillet. « On parle ici d’un individu de 41 ans qui s’en prend à un enfant de 16 ans », rappelle l’avocate de la partie civile. Devant ses méfaits, le prévenu tente de minimiser ses actes. Il n’a de cesse de mettre en avant son « alcoolémie » pour justifier son comportement. Mais la défense paternelle a le don d’agacer le représentant du ministère public. « Aujourd’hui, ce n’est pas l’alcool qui est jugé, monsieur, c’est vous. »
Tétanisée, la victime est encore sous le choc. « Mon père me fait terriblement peur. Je n’ai plus la force de le voir. » Dans ses réquisitions, le parquet rappelle le comportement paternel. « Après une hospitalisation, le corps médical est venu confirmer les violences sur l’adolescente. Pourtant, aucune visite du père n’a été faite durant le séjour hospitalier. Je demande 12 mois d’emprisonnement, entièrement assorti d’un sursis probatoire. »
Le père est déclaré coupable et condamné à 10 mois de prison intégralement sous sursis probatoire. Cette peine s’accompagne de différentes mesures judiciaires. Il aura l’obligation de suivre formation professionnelle et un stage de responsabilisation parentale, de verser des dommages-intérêts, de ne pas entrer en contact avec les victimes ou bien de paraître à leur domicile… Le tout est assorti d’une sanction d’inéligibilité civile pour 3 ans et d’une interdiction de travailler dans la fonction publique.
Infos + : la jeune fille avait porté plainte à l’encontre de son père pour d’agression sexuelle. L’affaire a été classée sans suite, faute de preuve. Pour les deux frères de l’adolescence, suite à la mesure judiciaire d’investigation éducative, ils n’ont pas été considérés comme étant en danger. Aucun fait de violence n’a été relevé sur eux.


