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lundi 6 février 2023
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TITOUAN HALLÉ : LE VOLLEY DANS LE SANG

Certains s’imaginaient qu’après le dépôt de bilan du Rennes volley 35, le volley de qualité disparaîtrait. Que nenni ! Les joueurs du REC prouvent le contraire en bataillant d’arrache-pied en Ligue B professionnelle pour retrouver le plus haut niveau. Parmi ces volleyeurs, Titouan Hallé en est la figure de proue. Présent en attaque, au contre, en réception, en défense, l’attaquant réceptionneur, complet, collectionne les bonnes statistiques cette saison. Son talent est assurément manifeste. Athlète longiligne, il a de l’envergure, sent les bons coups au contre, varie ses attaques et détient un service tonitruant. Son père est Eric Hallé, le directeur sportif du REC et surtout l’ancien joueur du club en Pro A. Son oncle légendaire Jérôme Hallé remporta, lui, une coupe d’Europe avec Cannes. Avant le match de samedi contre le deuxième du classement, et après la difficile défaite contre Saint-Quentin, il a accepté de répondre à nos questions. 

Après un bon match contre Saint-Jean d’Illac, êtes-vous déçu par la prestation contre le quatrième au classement, Saint-Quentin ?

C’est une légère déception car nous aurions aimé montrer un autre visage. Mais nous devons vite nous ressaisir.  Les rencontres à gagner pour accéder aux play-offs vont s’enchaîner dès la semaine prochaine. Ce n’est donc pas le moment de se prendre la tête. Il faut rester positif, continuer à y croire, nous ne sommes qu’au début de la phase retour, avec encore deux matchs de retard. 

Comment expliquez-vous les difficultés à rivaliser avec les équipes du haut du tableau ? Est-ce un problème physique, technique ou mental ?

Parmi les huit premières équipes, nous avons battu uniquement Avignon et Illac. Mais lors des derniers matchs de décembre, nous avons mieux joué : nous avons bien accroché Nancy, deuxième au classement, et nous avons fini par perdre deux fois au tie-break contre Fréjus et Martigues. La tendance est donc encourageante mais il va falloir confirmer notre progression (loin d’être parfaite) avec des victoires contre les équipes devant nous au classement lors de la phase retour pour accéder aux playoffs. 

Nous avons une bonne équipe sur le papier malgré un budget plus faible que les autres formations. La différence est principalement mentale. Nous sommes moins réguliers, et perdons trop de points bêtement. Ceci rassure l’équipe adverse et plombe un peu notre moral. Certes, cela arrive de moins en moins souvent mais toujours plus que nos adversaires. A cause de blessures, certains joueurs sont diminués, et même absents depuis presque le début de la saison à l’image de Thibaut Thoral, dont le retour depuis deux matchs fait vraiment du bien au groupe.

Vous semblez à l’aise dans cette équipe en ayant de bonnes statistiques ?

Nous avons un groupe qui vit bien ensemble, avec uniquement des joueurs français (ce qui extrêmement rare dans le volley professionnel). Dans cette formation, j’ai le même rôle que l’an dernier : je dois apporter offensivement, que ce soit au service ou à l’attaque. C’est un rôle qui me plaît et dans lequel je prends du plaisir. Les statistiques sont bonnes en effet, mais il ne faut pas les prendre trop au premier degré, elles sont aussi dues au nombre important de ballons que j’ai à attaquer. Cette réussite, je la dois beaucoup à une équipe qu’une réussite purement personnelle.

Quel est votre secteur de jeu à améliorer ?

Je pense être un joueur assez complet, mais il faut que je progresse partout et que j’arrive à être plus efficace dans tous les domaines du jeu.

Quel est le volleyeur qui vous a le plus impressionné ?

Il n’y en a pas un en particulier, mais l’équipe de France depuis quelques années est impressionnante car elle arrive à remporter des titres internationaux (dont les derniers JO) contre des équipes beaucoup plus physiques. Ils sont très forts techniquement, font preuve d’un très gros mental, et arrivent malgré la différence de physique, à user leurs adversaires sur la durée.

Est-ce que vous seriez capable de vous comparer à votre père Eric, et à votre oncle Jérôme, tous deux des ex-joueurs de ligue A ?

Ne les ayant jamais vus jouer en salle, je ne saurai pas comparer. Ce sont d’ailleurs deux époques difficilement comparables avec les règles, les tactiques et les ballons qui ont plus ou moins évolués. Ce qui est sûr, c’est que je porte le même nom, que je joue dans le même club et que j’ai, comme eux, poursuivi mes études en parallèle. Mais j’imagine qu’il y a des similitudes dans le jeu avec mes parents comme ce sont eux qui m’ont appris à jouer (ma mère ayant aussi été joueuse professionnelle).

Comment vous voyez-vous dans quelques années : en ligue A, en équipe de France ?

Oui, j’irai en ligue A dans les prochaines années. Pour le moment, je suis à Rennes car j’y fais mes études, mais si on ne remonte pas rapidement, j’irais tenter ma chance ailleurs. J’espère tout de même pouvoir rejouer au haut niveau avec Rennes car c’est le club dans lequel je joue depuis que je suis petit. 

Quant à l’équipe de France, je ne me pose pas vraiment la question. J’avais mis le volley un peu de côté pendant deux-trois ans avant l’arrivée du covid pour me permettre de faire ma prépa à l’INSA dans de meilleures conditions. Donc, pour l’instant, je pense que j’en suis loin, avant même de parler du niveau de jeu. Je suis jeune, j’ai des études à finir, je ne suis pas pressé et il ne faut pas griller les étapes.

Comment arrivez-vous à gérer les études à l’INSA, les entraînements et les matchs ?

Ce n’est pas toujours facile. Au niveau du volley, mon cursus réduit considérablement la possibilité de choisir un club. Ce n’est pas vraiment un parcours encouragé dans le sport professionnel, même si ce n’est pas vrai partout, notamment à Rennes où je suis soutenu. J’arrive finalement à lier les deux mais j’ai quand même un gros désavantage par rapport aux autres joueurs de mon âge qui se sont lancés directement à fond dans le volley. C’est indéniable et il faut l’accepter, être patient. C’est un choix, il faut l’assumer. Le plus important est d’arriver à se reposer au maximum les deux jours qui précèdent un match pour être en forme.

Est-ce que le REC va revenir prochainement dans l’élite du volley ?

Je l’espère, nous sommes déjà remontés en une saison en ligue B après être repartis en Élite. Maintenant, le club doit se restructurer après avoir été sauvé par des personnes travaillant bénévolement et pour qui la tâche n’a pas été facilitée. Pour se donner toutes les chances de remonter, il faut qu’on trouve des partenaires supplémentaires pour au moins se rapprocher du niveau des autres formations de la division. Le club fait les choses proprement et entreprend d’énormes efforts pour sa restructuration, mais il reste beaucoup de choses à faire et à ajuster. J’espère que ce sera réalisé rapidement maintenant.

 

 

 

Dragan Brkic
Dragan Brkic
Écrivain, j'ai publié Le Petit Noir des Balkans, Prière d'insérer, La condition pénitentiaire, Footness et Comprendre la délinquance française.

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