Pour une surprise, c’est une surprise. Mais c’est surtout une prise de taille. Ancien directeur départemental de la sécurité publique d’Ille-et-Vilaine, Luca Togni rejoint la liste du Rassemblement national menée par Julien Masson. À 62 ans, ce policier retraité depuis septembre 2025 dit vouloir « joindre ses convictions à ses actes ».
« J’ai 34 ans de police derrière moi »
Originaire d’Alsace, Luca Togni a effectué l’essentiel de sa carrière en région parisienne avant d’être nommé à Rennes en 2020. « J’ai exercé 34 ans dans la police nationale, dont trois ans et demi ici, à Rennes, en tant que commissaire central et directeur départemental », explique-t-il. Tout au long de sa activité, l’ancien commissaire dit avoir scrupuleusement respecté son devoir de neutralité. « J’étais astreint à mon obligation de réserve. Je n’exprimais pas mes opinions auprès de mes collègues », précise-t-il. Aujourd’hui libéré de toute contrainte professionnelle, il se revendique sans détour membre du RN. « Je partage la vision de Marine Le Pen et Jordan Bardella. J’estime leur courage et leurs convictions. »
« Je connais les 34 points de deal de la ville, je les ai tous pratiqués », assure-t-il .
Dans cette campagne, Luca Togni entend faire valoir son expérience en matière de sécurité. « Rennes est gangrenée par deux formes de délinquance : celle du quotidien et celle idéologique », dit-il. La première est « faite de trafics de stupéfiants, de règlements de compte à l’arme de guerre, de violences et de cambriolages ». La seconde est « celle des casseurs issus de l’extrême gauche, qui saccagent le centre-ville à chaque manifestation ». Pour lui, « le laxisme pénal et la submersion migratoire » sont les deux causes principales de cette situation. « Le seul parti qui pose un diagnostic juste, c’est le Rassemblement national. Tous les autres mouvements sont dans le déni », affirme-t-il.
Réserves sur la majorité sortante
Interrogé sur sa collaboration passée avec la maire Nathalie Appéré, Luca Togni ne cogne pas trop fort. « Elle disait souvent : “On ne lâchera rien.” Mais dans les faits, au niveau national, ses députés votaient contre les lois sur la délinquance ou le narcotrafic. » Et de pointer « un double discours » : « On ne lâche rien localement, mais on lâche tout à Paris. » Visiblement ravi de sa prise, Julien Masson boit du petit lait et salue la présence de son colistier. « Luca Togni connaît les réalités du terrain. C’est un spécialiste reconnu. « Cette candidature « prouve la capacité de la RN à attirer des gens de haute compétence », ajoute Gilles Penelle, conseiller régional et figure du mouvement RN.
Peu connu du grand public, Luc Togni était jugé par ses équipes comme un homme calme, à l’écoute, rigoureux, d’une formation plutôt littéraire et soucieux du mot juste. Installé en Bretagne avec sa compagne et sa fille, l’ex-commissaire assure que son engagement sera durable. « Je suis attaché à la Bretagne. Il n’y a aucune raison que je parte. « Je veux m’investir localement en rejoignant Julien Masson, parce qu’on ne peut plus se contenter de constater et de contester les choses», conclut-il. « J’ai vu ce que l’impuissance politique pouvait produire. Aujourd’hui, je souhaite joindre mes convictions à mes actes. » Pour le Rassemblement national, l’arrivée de Luca Togni apporte une caution sécuritaire à une campagne qui entend faire de la tranquillité publique le cœur de son message.



