Alors que la démographie scolaire est en baisse à l’échelle nationale et départementale, la situation reste particulière à Rennes, où les effectifs demeurent dynamiques. C’est dans ce contexte que le Conseil départemental d’Ille-et-Vilaine a engagé une réforme de la carte scolaire, destinée à mieux répartir les élèves entre les collèges rennais. Pour autant, cette réforme continue de susciter de vives réactions, notamment autour du Collège Les Chalais.
Vice-présidente du Département déléguée à l’éducation, Jeanne Larue a tenu à réagir après les critiques formulées par les personnels et les parents d’élèves dans un récent article de Rennes infos autrement. « La réforme de la carte scolaire rennaise a été pensée pour permettre d’équilibrer les effectifs entre les collèges », affirme-t-elle. Contrairement aux craintes exprimées ces derniers mois, le Département ne croit pas aux scénarios les plus alarmistes pour les Chalais. « Le collège a vu ses effectifs augmenter de 20 élèves cette année, portant l’effectif global à 459 élèves, contre 439 l’année dernière », précise Jeanne Larue.
Cette augmentation n’est pas liée à la nouvelle sectorisation. « Cette carte scolaire n’a rien à voir avec l’augmentation des effectifs puisque les élèves de l’école Pascal-Lafaye ont été nombreux à demander des dérogations pour ne pas être scolarisés aux Chalais », ajoute-t-elle. Dans le sud de Rennes, d’autres établissements connaissent d’ailleurs une pression démographique bien plus forte. « La Binquenais compte 645 élèves et Les Hautes Ourmes 631. Rééquilibrer les effectifs dans ce secteur est une question d’équité », souligne la vice-présidente.
Autre point sensible, le report des études de travaux au sein de l’établissement. Là encore, Jeanne Larue invoque un contexte financier contraint. « Leur temporisation s’explique par l’impact de la crise budgétaire traversée par le Département l’an dernier », explique-t-elle. Toutefois, le dossier n’est pas abandonné. « Le Département reprend le travail dès cette année afin de définir un plan d’action destiné à améliorer le climat scolaire», assure-t-elle.
Cette prise de parole intervient après plusieurs mois de mobilisation des personnels et des parents d’élèves. Depuis mars 2024, ils dénoncent une réforme qu’ils jugent déstabilisante pour un collège classé REP et parmi les plus fragiles socialement du département. Il y a peu, Justine Marti, secrétaire départementale du syndicat Force ouvrière des lycées et collèges d’Ille-et-Vilaine, alertait sur les conséquences concrètes du projet. « On demande d’accueillir 600 élèves dans un établissement dont les espaces sont déjà saturés. Le CDI, l’infirmerie, la cantine ou la vie scolaire ne sont tout simplement pas dimensionnés pour ça », dénonçait-elle. Elle pointait également les risques pour les élèves. « On fragilise un des collèges les plus sensibles du département. C’est incompréhensible et inacceptable. Le climat scolaire est la clé de la réussite des élèves. »


