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LE VIOL DIGITAL RECONNU PAR LA COUR D’ASSISES DE RENNES

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Le 20 octobre 2018, A, âgée de 30 ans, rentre de soirée. Elle marche seule dans la rue la nuit au moment où elle croise un homme âgé de 31 ans. Pour ne pas le froisser et par crainte d’une réaction violente, elle répond laconiquement à sa question sans engager la conversation. “Elle accélère le pas avec l’espoir d’être dans son lit dans 3 minutes”, ajoute son avocate, Marie Blandin. Mais dans cette petite rue du Canal, la jeune femme est soudainement agressée par l’inconnu. “Il la maintient de force contre le mur et la viole par pénétration digitale à plusieurs reprises alors qu’elle dit “non, non, non”. Heureusement pour la victime, la plupart des hommes sont respectueux et attentifs. L’un d’eux ne passe pas son chemin mais interpelle l’agresseur et le fait fuir.

Devant la Cour d’Assises d’Ille-et-Vilaine, Marie Blandin se veut formelle. “Cette agression est un viol tel qu’il est défini actuellement par la loi”, a plaidé son avocate. “Il y a une pénétration sexuelle. Peu importe qu’elle soit digitale ou pénienne. Un homme ne peut pas sauter sur une femme qui n’a donné aucun signe d’intérêt sexuel à son égard et considérer qu’elle est d’accord parce que la sidération l’empêche de réagir. Il faut le dire et le redire aussi pour que les victimes sortent de la culpabilité que l’état de sidération génère : la plupart des victimes de viol ne se débattent pas, ne hurlent pas, ne frappent pas leur agresseur, elles sont juste tétanisées, immobiles, terrifiées.”

Ce jeudi 25 mars, la cour d’assises a pour la première fois jugé un viol sur majeure par pénétration digitale. Elle a condamné l’auteur à huit ans de prison. “Ma cliente a fait preuve de courage pour affronter cette longue procédure judiciaire afin de porter son affaire devant la Cour d’Assises. Un viol par pénétration digitale n’arrive en effet quasiment jamais aux assises tant il a tendance à être minimisé y compris par la justice elle-même. Son combat n’a pas été vain. Cet arrêt est fondamental car il vient dire à toutes les victimes de viol par pénétration digitale (ou buccale d’ailleurs) qu’elles ne sont pas des demies victimes de viol mais bien des victimes à part entière.”

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jean-christophe collet

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