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jeudi 12 février 2026
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La justice à Rennes : restaurer la confiance auprès des citoyens

Ce 19 janvier 2026, l’audience de rentrée du tribunal judiciaire de Rennes n’a pas seulement dressé un bilan d’activité (voir notre précédent article). Elle a posé une question plus fondamentale : comment la justice peut-elle exercer pleinement son autorité lorsque sa légitimité est contestée ? La présidente Alice Mazenc l’a d’ailleurs exprimé sans détour dans son allocution, en évoquant un défi « beaucoup plus pernicieux et dangereux » que les seuls moyens : « la remise en question de la place de la justice et de ses juges ». 

Une alerte démocratique assumée.

Selon une enquête menée en 2024, « seulement 48 % » des Français déclarent avoir confiance dans la justice, contre « 63 % » avant les États généraux de la justice de 2021. La lenteur est dénoncée par « 80 % » des sondés, la complexité par « 78 % », le coût par « 74 % ». Mais ce qui inquiète le plus la présidente, c’est le doute sur l’impartialité. « Nous rencontrons un sentiment d’iniquité dans le traitement des citoyens à hauteur de 69 % ». À ce stade, souligne-t-elle, il ne s’agit plus seulement « d’efficacité, mais bien de légitimité ».

Face à cette défiance populaire, Alice Mazenc appelle à un effort collectif de pédagogie. « Il nous faut partager, diffuser, expliquer », pour rappeler « les principes fondateurs de notre démocratie » : la séparation des pouvoirs et l’État de droit. Au passage, elle insiste sur un point souvent mal compris dans le débat public. « Les juges ne font pas la loi. Les magistrats appliquent les règles de droit votées par les élus, au niveau national, européen et international.  »

L’objectif est explicite : lutter contre le « sentiment de l’arbitraire ».

Devant la justice de plus en plus exposée à la critique politique et médiatique, le procureur de la République, Frédéric Teillet, prolonge lui cette réflexion par une autre approche. Citant Aristote (à plusieurs reprises), il rappelle que « la justice n’est pas une vertu contemplative », mais « une vertu d’action » qui « tranche, protège et sanctionne ». Derrière cette formule, il rend publique une conviction : l’autorité judiciaire ne peut être respectée que si elle est comprise dans ses actes concrets, au quotidien.

Mais restaurer la confiance ne passe pas uniquement par les beaux discours. La présidente détaille plusieurs leviers internes d’ores et déjà engagés par la magistrature. D’abord, elle préconise un travail de fond sur la déontologie : nouvelle charte, veille éthique, diffusion des avis du Conseil supérieur de la magistrature. Ensuite, elle met en avant un effort accru de motivation des décisions « en langage clair et simple » et, plus récemment, « l’ouverture en open data de tous les jugements ». 

Outre l’exécution des décisions dans des délais raisonnables, les deux responsables judiciaires ont insisté fermement sur la nécessité de rapprocher la justice des citoyens. Pour recréer un lien de confiance, ils militent tous deux pour un accès au droit, des maisons de justice, des permanences juridiques, partenariats avec les collectivités. « Une justice comprise doit être accessible et visible. C’est une condition de sa légitimité démocratique », ont-ils dit en substance. « En cette période d’actualité chargée, soyons de nouveau pédagogues », ajoute Alice Mazenc.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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