Au regard de ces troubles, le préfet d’Ille-et-Vilaine a décidé le 9 janvier la fermeture pour un mois du Ty Anna, après les graves violences survenues dans la nuit du Nouvel An, place Sainte-Anne. Le juge des référés du tribunal administratif de Rennes a confirmé, le 20 janvier 2026, cette décision valable jusqu’au 9 février. Il était saisi par la société exploitante du débit de boissons qui demandait en urgence la suspension de l’arrêté préfectoral. « La position préfectorale menace l’équilibre financier du groupe Birati, dont le Ty Anna est la structure la plus viable», confiait son avocat.
Dans son ordonnance, le juge a d’abord écarté les arguments de procédure. « L’absence de procédure contradictoire préalable ne saurait, par elle-même, porter une atteinte grave à la liberté d’entreprendre», a-t-il précisé. Sur le fond, le juge s’appuie sur le rapport de police du 2 janvier 2026, qui décrit un rassemblement massif ayant dégénéré en incendies, tirs de mortiers et violences contre les forces de l’ordre. Ces méfaits se sont poursuivis « sur la terrasse et à l’intérieur du Ty Anna », où du mobilier a été utilisé contre les policiers, blessant un agent de CRS. Pour le tribunal, ces faits constituent « de graves troubles à l’ordre public » en lien avec le fonctionnement de l’établissement, resté ouvert alors que la situation était déjà tendue sur la place.
Au passage, le juge souligne le contexte connu de débordements récurrents place Sainte-Anne depuis maintenant quelques années. « Un avertissement avait d’ailleurs déjà été adressé à l’établissement en décembre 2024 pour des faits similaires », ajoute-t-il. Dans ces conditions, il estime que la fermeture d’un mois est proportionnée. « Cette suspension ne porte pas une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’entreprendre», a tenu à préciser le tribunal. La requête est donc rejetée dans son intégralité.


