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jeudi 22 février 2024
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LA GAUCHE PS UNIE CONTRE LE PRÉFET

Maire de Rennes, Nathalie Appéré a demandé des explications au préfet après les violences urbaines et les dégradations commises dans le centre-ville, jeudi soir dernier (voir notre article).     « Pourquoi cette impression insupportable qu’on a laissé tout casser ? », s’interrogeait-elle dans les colonnes d’Ouest-France. « Qu’est-ce qui a été fait pour les empêcher ? Comme tous les Rennais, je veux comprendre ». Préfet, Philippe Gustin répondait à la première élue bretonne, lors d’une conférence de presse. « À la maire de Rennes, je pourrais demander où était la police municipale hier soir, mais je ne le demande pas parce que ces polémiques sont complètement absurdes », indiquait Philippe Gustin, dans nos colonnes. « Durant la manif, il n’y a aucune mansuétude. Aucune instruction n’a été donnée pour laisser faire. Mais si on prétend le contraire, c’est une accusation grave et j’en tirerais les conséquences. Dans la crise, je préfère garder mon calme pour que nous puissions voir la fin de l’ultragauche qui gangrène cette ville depuis des années. Aujourd’hui plutôt que de polémiquer, nous devons travailler ensemble pour terroriser ces terroristes et faire en sorte qu’ils ne recommencent pas ! » 

Le préfet a égratigné la « connivence, voire le soutien » de Rennes 2 à l’ultragauche.

Depuis, la gauche rennaise et bretonne est venue au secours de la maire. Sénatrice, Sylvie Robert a immédiatement réagi sur la toile. « Le préfet emploie un ton qui n’appelle en aucun cas à la solidarité. Et surtout, rejeter la faute sur d’autres est pour le moins étonnant. » Députée de la 3e circonscription d’Ille-et-Vilaine, Claudia Rouaux (PS) a fait de même sur X. « C’est avec la plus grande fermeté que je condamne les dégradations dans le centre-ville de Rennes.Les auteurs de ces exactions doivent être poursuivis et punis. Je souhaite aujourd’hui manifester toute ma solidarité avec Nathalie Appère. En tant que parlementaire, je considère qu’il est normal de demander des explications au représentant de l’État. À cet égard, je ne comprends pas qu’un préfet puisse se comporter de cette manière, en tenant des propos choquants et en jetant l’opprobre sur une élue de la République. »

Un front solidaire

Insoumis, le député Frédéric Matthieu est lui aussi venu au secours de la maire. « Des dégradations ont visé de nombreux biens privés et publics dans le centre-ville de Rennes. Je ne peux que le déplorer. Je soutiens la demande de Nathalie Appéré. Cette demande est légitime : elle est l’expression de la perplexité qui nous habite toutes et tous en ces circonstances. Ainsi, je rejette avec la plus grande force les propos de Philippe Gustin qui se livre à une diatribe d’habitude réservée à son ministre de tutelle. Employer à tort et à travers le mot « terroristes », c’est affaiblir la gravité des actes terroristes et abaisser les victimes de ceux-ci au rang des faits-divers. Le préfet devrait s’appliquer à lui-même les exhortations au sang-froid qu’il prodigue aux autres plutôt que de céder à des discours outranciers et à la violence verbale. Je l’appelle donc à revenir à une attitude responsable et respectueuse envers les élus du territoire sur lequel il n’est qu’un représentant de l’État. »

Au passage, le député égratigne le préfet sur un autre point. « Il a mis en cause directement le président de l’Université de Rennes 2 d’une façon aussi brutale qu’incompréhensible. » Même son de cloche chez le député d’Ille-et-Vilaine, Michaël Bouloux (PS). « Plutôt que de jeter l’opprobre sur Rennes 2 (…), nous sommes en droit d’attendre des réponses quant à l’efficacité du maintien de l’ordre, et au travail de la police judiciaire. »  Pas de réaction en revanche chez les élus écologistes sur la position du préfet, ni d’ailleurs sur les violences rennaises. Pas non plus de réaction de la part de Jean-Luc Chenut, président du département et Loig Chesnais-Girard, celui de la région (du moins sur le Twitter).

Face au front commun du PS (peu habitué à la contradiction préfectorale, sauf peut-être au temps de Bernadette Malgorn), beaucoup soutiennent Philippe Gustin sur les réseaux sociaux et ailleurs. « Au moins, il n’a pas de langue de bois. Il y va », affirmait l’un d’eux. « Le préfet dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas (depuis bien trop longtemps),» convient l’ancien député Florian Bachelier. Même engagement chez Territoires de Progrès Ille-et-Vilaine (proche d’Emmanuel Macron). « En tant que parti de centre gauche, nous invitons les autres mouvements qui se disent également de gauche au sein de notre capitale régionale à se désolidariser de ces mouvances extrémistes et de leurs soutiens. Nous devons avoir collectivement une réaction exemplaire en dénonçant la complaisance de l’université Rennes 2 ainsi que certains élus rennais qui restent proches de La France Insoumise. Loin d’apaiser le débat, ce parti ne fait que promouvoir un climat insurrectionnel. Nous rappelons que nos opposants sont les extrêmes, de gauche et de droite, et la maire serait inspirée d’avoir cette lecture de la vie politique locale. » Ce lundi, l’Assemblée générale de Rennes 2 tient une nouvelle réunion, à 12 h 45, pour donner une suite à son mouvement contre la loi Immigration. 

Infos + : voir la réaction des groupes Révéler Rennes et Libres d’Agir pour Rennes qui évoquaient la « complaisance » de la gauche rennaise envers l’ultragauche. 

 

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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