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GWENOLA : UNE VIE SIMPLE CONFINÉE DANS UNE YOURTE !

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Alors que la vaste majorité des Français est confinée en appartement ou en maison, d’autres le sont quasiment en plein air. La chanteuse-poétesse bretonne Gwenola (Nola) est “en confinement” dans la yourte qu’elle habite. Adepte de la vie (…) en pleine nature, elle a déjà adopté ce mode de vie et d’habitat il y a quelques mois et vit entre terre et mer dans la campagne d’une petite commune du Morbihan.

“Ce confinement ne représente pas un grand changement par rapport à ma vie quotidienne”, explique Gwenola. “Plus notre vie est simple, et moins la vie change lorsqu’une (telle) crise apparaît. Et puis confinée sur dix hectares, ça laisse l’occasion de faire de jolies balades et du yoga en plein air à toute heure.” Ses journées sont aujourd’hui et comme d’habitude bien occupées. En revanche difficile de citer toutes ses occupations. “Ces jours-ci, entre autres, j’apprends les chants des oiseaux, crée des jeux et fais du rangement. Je fais aussi sécher mes cueillettes et me réjouis de voir toutes les fleurs et nouvelles feuilles arriver. J’ai arrêté la récolte de sève de bouleau en début de semaine, mais cela n’arrête jamais, car la nature a sans cesse de nouvelles ressources à partager. Les fleurs de primevères, les nombrils de vénus et les fleurs de mouron des oiseaux sur les talus me font de l’oeil depuis déjà quelques jours quand je me promène.”

                        Déclamer de la poésie 

Mais pas seulement…Elle s’occupe de son potager, car il est temps de faire ses semis et plantations. Elle fait même des cueillettes sauvages (actuellement celles des feuilles de ronce pour les infusions et les gargarismes, des orties pour le silicium ou encore l’ail des ours et les fleurs de pâquerettes et de pissenlit). Pour faire cuire sa nourriture, elle ramasse du petit bois et fait du feu dans le poêle. “Toutes ces petites tâches quotidiennes requièrent d’être vraiment présente à ce que je fais.”

Depuis quelques temps, elle chante, apprend le Breton et déclame de la poésie avec des craies, sur le mobilier rural. Seule petite entorse à sa vie quasi monacale, elle va chercher sa nourriture, munie de son attestation gouvernementale à la ferme voisine et à la boutique de producteurs la plus proche, car “autant profiter de nos ressources locales et de ceux qui les produisent pour se nourrir. Demain, c’est elles et eux que je veux voir encore debout, nos productrices et producteurs locaux, ceux qui vivent ici et font vivre nos paysages et nos campagnes”, poursuit-elle.

                             Comme on fait en Afrique de l’Ouest

Pour se laver, Gwenola va chercher de l’eau à la source, la fait chauffer sur le poêle, puis, une fois les pieds dans une grande bassine, elle se douche en versant l’eau sur elle. Enfin pour ses petits besoins, elle n’utilise presque pas de papiers toilette. “Comme on fait en Afrique de l’Ouest, je me munis d’une théière pleine d’eau (réservée à cet usage) et se lave après avoir fait ses besoins. Le papier toilette sert juste à sécher ses fesses une fois propres. Dans l’absolu, c’est quand même bien plus hygiénique de se laver puis de se sécher que de se tamponner la crotte avec du papier”.”

Des solutions simples existent pour tout et pour elle.  Vivant seule, elle n’est pas totalement coupée du monde car une bonne douzaine de personnes vit sur le même site. “Je dispose d’un ordinateur sur lequel je regarde des documentaires et séries sur Arte”, précise-t-elle. Grâce à son téléphone portable elle garde le contact avec les proches éloignés et envoie des films de ses péripéties, rencontres animales et cueillettes sauvages.

Loin d’être égoïste, Gwenola plaint les gens qui ont juste un endroit citadin pour dormir. “Il y a cent ans tout le monde vivait autour de son domicile, les déplacements excédaient rarement 6 km. On vivait ici et maintenant. Avec les saisons, avec les ressources disponibles. On connaissait les plantes, les animaux et les ressources de chacun-e, de chaque lieu, de chaque arbre et arbuste. On savait passer du temps ensemble, se raconter des histoires et se transmettre des savoirs en tout genre. Ce qui se passe actuellement, c’est un symptôme de la folie, de la frénésie du monde actuel. Le confinement forcé a ôté la frénésie. Maintenant, chacun est face à la vie qu’il/elle s’offre. Et devant l’implacable constat que cette vie-là n’est pas nécessairement viable au quotidien sur la durée, et ce, pour les citadins essentiellement, et pour ceux qui ont un mode de vie urbain.”

Après l’épidémie, elle est convaincue que de nombreuses personnes iront trouver une forme de vie possible dans des lieux habitables et durables. “Elles se réapproprieront les savoirs oubliés et pourtant bien utiles. Je souhaite sincèrement que l’on se rende compte que nous les humains, ne sommes qu’une portion congrue du vivant, et que nous devons le respect au milieu qui nous habite et à nos co-vivants, arbres, plantes, oiseaux, insectes, mammifères. Nous vivons tous sur le même navire. Autant en profiter pour reprendre la barre vers des lendemains possibles, vivables et réjouissants.”

 Devrons-nous attendre d’avoir assécher la dernière rivière, brûlé le dernier arbre et péché le dernier poisson pour comprendre que l’argent ne se mange pas ? »

« Prenons le temps d’être présents. Quel cadeau merveilleux qu’être présent, ô présent ! »

A propos de l'auteur

Dragan Brkic.Jean-Christophe Collet

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