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vendredi 13 février 2026
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Frais d’avion en jet privé, repas, hôtels, billets de match : ce que le tribunal administratif de Rennes a accordé (ou non) à Jocelyn Gourvennec

Le 7 janvier 2026, le tribunal administratif a partiellement donné raison à l’ex-joueur du Stade rennais Jocelyn Gourvennec dans son bras de fer avec l’administration sur la déduction de frais réels (au titre de ses revenus salariés). L’ancien entraîneur des Girondins de Bordeaux puis de l’En Avant de Guingamp contestait des redressements portant sur 2017, 2018 et 2019. Il invoquait la nature « précaire » et mobile du métier de coach, l’obligeant à multiplier déplacements, repas à l’extérieur et frais de représentation.

Jocelyn Gourvennec effectuait souvent des voyages entre Bordeaux, où il avait maintenu son foyer, et la Bretagne lorsqu’il entraînait Guingamp. Dans ce cas précis, l’administration n’avait pas remis en cause le principe d’une double résidence ni l’exigence de réaliser des allers-retours réguliers. En revanche, elle avait contesté les montants correspondant à des rotations en jet privé. En conséquence, elle avait limité la déduction à des « plafonds », censés refléter les coûts des trajets équivalents en train ou sur des lignes aériennes permanentes. 

Le tribunal ne suit pas ce raisonnement pour une partie des vols. Car plusieurs voyages étaient liés au rythme des matchs, avec des retours tardifs dans la nuit du samedi au dimanche et une présence attendue à Guingamp dès le lundi matin. « Les transports publics n’étaient pas disponibles dans des conditions compatibles avec les contraintes horaires », explique en substance le juge. « Il n’était donc pas possible de substituer un prix théorique au coût réellement supporté. » Au regard de cette motivation, le tribunal accorde finalement des déductions supplémentaires de 37 782 euros au titre de 2018 et 67 049,37 euros au titre de 2019 sur ce seul volet.

Pour les autres vols en litige, effectués certains jours de la semaine, Jocelyn Gourvennec n’apporte pas la preuve qu’il ne pouvait pas recourir à des moyens de transport classiques. À raison, l’administration pouvait donc plafonner la « ristourne » à 500 euros pour un aller simple et 1 000 euros pour un aller-retour, montants présentés comme représentatifs d’un trajet en train ou par ligne régulière. Autrement dit : jet privé autorisé quand il n’y a pas d’alternative compatible, jet privé non quand l’alternative existe, mais n’est pas démontrée impossible.

Sur les autres frais de transport, le jugement procède au cas par cas et se montre strict. Plusieurs déplacements invoqués n’obtiennent aucune « validation supplémentaire », notamment deux allers-retours Bordeaux–Saint-Brieuc en 2017 réalisés en jet privé (10 900 euros et 7 200 euros). L’attestation produite ne suffit pas à établir un « caractère professionnel, » d’autant que le requérant n’était pas encore entraîneur à Guingamp à l’époque. Une série de voyages à Paris et un à Liverpool ne sont pas davantage retenus, faute d’éléments concrets précis sur les dates, l’objet et l’utilité professionnelle. Une seule ligne ressort favorablement : un déplacement au Stade de France le 28 mai 2018 pour assister à un match amical de l’équipe de France dans le cadre d’un stage d’observation de coach. Ce voyage est jugé suffisamment justifié, ce qui ouvre droit à une déduction supplémentaire de 299,81 euros pour 2018.

Pour les frais de bouche, Jocelyn Gourvennec avait déclaré 1 109,35 euros en 2017, 1 441,64 euros en 2018 et 307,30 euros en 2019. Justification avancée : ses déplacements l’empêchaient de déjeuner systématiquement chez lui ou sur son lieu de travail. « Je pouvais être amené à régler des repas pris avec des contacts du monde du football », ajoutait-il. L’administration avait déjà admis une part limitée (238,58 euros en 2017, 377 euros en 2018, 240 euros en 2019), notamment sur la base de témoignages de tiers. Le tribunal refuse d’aller plus loin pour plusieurs raisons : les factures ne mentionnent pas les noms des convives et les attestations restent trop générales (souvent sans horaires, parfois sans lieux). « Un salarié ne peut pas déduire, comme frais professionnels, le coût d’un repas pris par une personne invitée », ajoute le juge. Conséquence : aucune déduction supplémentaire n’est accordée sur ce poste.

Même logique pour les taxis et pour les frais d’hôtel encore en litige. Ces derniers concernaient 1 077,80 euros refacturés par l’employeur pour un séjour à Lille à l’occasion de la finale de la Coupe de la Ligue 2019. Jocelyn Gourvennec invoquait des « relations publiques », mais le tribunal juge l’argument trop fragile et trop indirect pour qualifier la dépense de professionnelle. Pour le reste, la plupart des frais revendiqués (autoroutes, parkings, achats de billets de matchs) sont écartés faute de justificatifs suffisamment précis ou faute de démonstration d’un lien direct avec l’activité salariée.

 

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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