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ENORA LE PAPE : L’INSOUMISE QUI VEUT DEVENIR MAIRE

Ecrit par Edwin Le Rouzic
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Enora Le Pape, candidate aux municipales pour les Insoumis, est une nouvelle venue dans le paysage politique rennais. Jeune femme dynamique, elle est la belle surprise de cette campagne apportant fraîcheur et nouveaux projets à gauche. 

Qui êtes-vous ?

J’ai 37 ans, je suis mère de famille et j’ai deux enfants. A l‘étranger, j’ai été professeure de français et j’ai beaucoup travaillé dans l’économie sociale et solidaire. Quand je suis revenue à Rennes, je me suis engagée auprès de centres sociaux et d’associations en qualité de professeure français pour les étrangers. J’ai aussi décroché un master en “solidarité internationale”, étudié la géopolitique et je suis proche des thèses altermondialistes.

A quand remonte votre premier engagement politique ?

Mon premier engagement : La France Insoumise !  Je me suis engagée en 2016, au moment de la campagne des présidentielles où j’ai été élue lors d’une assemblée de notre mouvement pour être candidate aux législatives sur la huitième circonscription. Ce fut une belle campagne. Je suis arrivée au second tour face à Florian Bachelier, actuellement premier questeur de l’Assemblée Nationale. Depuis, je milite toujours au sein de notre mouvement, la France Insoumise où j’ai été animatrice d’un groupe d’action.

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous engager dans le mouvement, La France Insoumise ?

Tout mon parcours associatif ! En 2016, quand est né le mouvement France Insoumise, j’ai été très vite animatrice et militante au sein d’un groupe d’action de Rennes. Leur programme ambitieux me correspondait : les Insoumis défendent haut et fort la justice sociale. Ils veulent changer les institutions, mettre à plat la démocratie, lancer un grand plan de transition écologique.

Pourquoi avez-vous pris la tête de la liste France Insoumise à Rennes ?

La liste ne porte pas le nom de France Insoumise, mais de Rennes en Commun ! Nous sommes 50% de militants issus de notre mouvement et de partis politiques, l’autre moitié étant des personnes non-encartées dont quinze ont été tirées au sort.

Comment avez-vous été choisie ?

J’ai été désignée par une assemblée citoyenne qui souhaitait une tête de liste issue d’un mouvement politique. Cette nouvelle mission est dans la continuité de mon engagement ! Cela faisait depuis assez longtemps que je travaillais sur des problématiques locales aux côtés des élus actuels de notre mouvement au conseil municipal, Jean-Paul Tual et Yannick Legargasson.

Quelle est votre relation avec Jean-Paul Tual, actuel conseiller municipal et second de votre tête de liste ?

Cordiale (rire). Nous sommes militants politiques tous les deux et représentons tous deux différentes générations de militants. Il a plus d’expérience que moi car il est élu sortant et j’apprends beaucoup sur les dossiers locaux à son contact.

Il y a aujourd’hui quatre listes à gauche : PS-PC-Place Publique-Générations, les écologistes, Rennes en Commun et Lutte Ouvrières. Une alliance aurait été bénéfique face à la liste de Carole Gandon ?

Nous n’étions pas fermés loin de là ! Les écologistes ont voulu partir tout seul ! Mais à notre avis, leur décision n’a pas été prise au niveau local. Le parti socialiste n’a pas souhaité nous tendre la main, nous non plus d’ailleurs ; Lutte Ouvrière également. Nous avons en revanche discuté avec le Parti Communiste, Place Publique et Générations. Le PC a décidé de rester avec Nathalie Appéré. Mais nous n’en sommes pas surpris au regard de leur engagement auprès des Socialistes depuis 1977. Place Publique et Génération n’ont pas vraiment voulu créer d’alternatives. C’est dommage !

Quel regard portez-vous sur Nathalie Appéré et sur sa politique ?

Plus les personnes sont au pouvoir depuis longtemps, plus elles sont déconnectées des habitants et des habitantes. Nathalie Appéré n’est en contact avec les citoyens que pour la campagne. Il y a un gros problème de démocratie locale à Rennes et on le voit avec le nombre de recours en justice pour contester des abattages d’arbre, des permis de construire. Il n’y a pas de dialogue, il y a une coupure totale dans la communication avec les Rennais.

Pourquoi votre mesure phare est-elle la gratuité des transports et le RER Métropolitain ?

Cette mesure répond à la fois à l’urgence sociale et l’urgence environnementale. Elle incitera un maximum de personnes à abandonner leur voiture pour emprunter les transports en commun. La mobilité des Rennais sera également beaucoup plus libre, plus accessible.

Comment comptez-vous financer cette mesure ?

La gratuité, nous l’avons estimé à 55 millions et nous estimons estimer de marges de manœuvre. Plusieurs outils permettront de financer cette mesure : une économie sur les frais liés à la billettique (entretien de bornes de validation, des distributeurs de tickets, des futurs portillons anti-fraude), l’abandon de grands projets d’investissement comme le Zénith, une négocation avec l’Etat afin d’augmenter le versement transport à hauteur de 2,5 % (il est aujourd’hui plafonné à 2%), arbitrage au sein du budget métropolitain…

Votre programme est très axé sur le développement des services publics, des nouveaux policiers, des nouveaux EPHAD, nouveaux cinéma de quartier. Même question, comment comptez-vous financer tout cela ?

Faut-il faire une grande salle de spectacle de type zénith ou au contraire des cinémas de quartier ? Dans les deux cas, ce ne sont pas du tout les mêmes coûts de fonctionnement, ni les mêmes couts d’investissement. Nous favoriserons les investissements en direction des Rennaises et des Rennais, pour que les quartiers soient plus dynamiques. C’est comme cela que nous faisons vivre une ville en pratiquant des arbitrages.

Si vous êtes élue maire, comment comptez-vous gérer le conseil municipal ?

, l’opposition est restreinte à approuver des délibérations, à faire des vœux. Nous pensons mettre en place, comme au sein de l’Assemblée Nationale, un moment où l’opposition pourra proposer des délibérations. Nous voulons aussi demander des avis au public lors des conseils municipaux dans les décisions qui les concernent.

C’est déjà le cas normalement, le public peut y accéder ?

Le public accède pour écouter. Il y a des interventions tout au début avec une réponse en général mais il n’y a pas forcément d’intervention au moment d’une délibération par exemple.

Est-ce que vous allez continuer à mener des assemblées citoyennes et à prendre en compte l’avis des habitants si vous êtes élue ?

Oui, c’est tout un système qu’il faut revoir. Il existe déjà des conseils de quartier, il faut juste les remettre en place et ne pas les chapoter par des élus. Il faut leur donner un pouvoir de décision. Actuellement, on leur demande cet avis, on les informe mais il n’y a pas vraiment de prise de décision et de concertation de leur part sur les projets qui pourraient impacter leur quartier par exemple. Il faut redonner confiance aux personnes de s’engager dans une assemblée de quartier. Notre ville doit être faite par et pour les habitants.

Si vous êtes élue maire, avez-vous réfléchi à la manière de gérer les fonctionnaires de la mairie qui vont travailler à vos côtés ?

Oui bien sûr, on a déjà rencontré différents syndicats et c’est très important de prendre en compte les conditions de travail.

En cas d’élimination au premier tour et de présence du PS au second tour, quelle sera votre position?

C’est au soir du premier tour que l’on décidera, pour le moment, nous n’avons pris aucune décision. Tout dépend de notre score mais dans tous les cas notre décision sera collective. Tous les candidats seront amenés à donner leur avis ainsi que les militants qui ont participé à la campagne. Donc rien n’est décidé actuellement.

Vous voulez créer un fonds public métropolitain :  expliquez-nous en quoi cela consiste ?

C’est un fonds à destination des entreprises ! Les aides données aux entreprises le seront sous des critères sociaux (égalité femmes hommes, conditions de travail, taux d’emploi précaire – et environnementaux). Trop de grosses entreprises comme PSA bénéficient des aides publiques de la Métropole et, pourtant, disposent d’un taux d’emploi précaire important. Il y a pour nous la volonté d’engager l’économie vers l’économie solidaire, la transition écologique et permettre à un maximum de projets intéressants de voir le jour sur la ville et la métropole.

Si vous êtes élue maire, quelles sera votre première mesure ?

(rire) Je téléphone au directeur de Kéolis pour lui dire de mette en place la gratuité totale des transports en commun le plus rapidement possible dès le premier week-end.

 

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Edwin Le Rouzic

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