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DONNER UNE VALEUR À UN ARBRE SUFFIRA-T-IL À NE PAS L’ABATTRE ?

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Souvenez-vous ! L’an passé, la ville de Rennes adoptait une charte pour protéger les 14 000 arbres de son territoire et en planter 30 000 autres durant le mandat de la mairie Nathalie Appéré. Lundi dernier, elle a validé le principe d’évaluer de manière précise la valeur des hêtres et autres. « Ce barème aura pour vocation de prévoir un dédommagement en cas de dégradation, notamment lors d’un chantier », explique la ville dans un communiqué.

L’arbre sur LA chaussée.

45 000 euros l’arbre

Cet outil d’aide à la décision devrait faciliter le dialogue avec les porteurs de projet, notamment immobilier. « En estimant la valeur d’un arbre, le public fera preuve d’une plus grande vigilance. L’idée est d’amener les entreprises à modifier leurs pratiques et à limiter l’impact, lors des travaux », ajoute Didier Chapellon, adjoint délégué à la diversité.  

Le barème était déjà appliqué par la ville de Rennes depuis 1974. Mais il ne prenait pas en compte le système racinaire et avait tendance à sous-évaluer un conifère ou un peuplier. Depuis le nouveau, certains arbres rennais sont désormais estimés à 45 630 euros (pin de Monterey, rue d’Armagnac) et à 33 880 euros pour un chêne pédonculé (rue de Châteaugiron). 

Cet outil a vocation à faire de la prévention et à communiquer autour de la valeur de l’arbre. On n’attendra pas les dégradations. On interviendra en amont pour les éviter. » Didier Chapellon.

Conseillère municipale de Révéler Rennes (ancien en Marche), Sandrine Caroff-Urfer tacle la ville, lors du dernier conseil municipal du lundi 17 octobre. « On peut mieux faire face aux interpellations récurrentes des Rennaises et des Rennais, devenus très sensibles, à la préservation du végétal dans Rennes », estime l’élue. « Ce barème, conçu de manière collaborative par des experts et des collectivités, évalue financièrement ce qu’apporte un arbre à l’ensemble des habitants. Il permet de savoir ce que coûtent les dommages qui lui sont infligés, et ce qu’il vaut pour le cas où sa chute causerait des dégâts. Mais comme pour la charte, ce document ne reste que pure communication. Car il n’a aucune valeur juridique ou morale. Il ne contraint personne à rien. » 

C’est un dispositif préventif et répressif », explique Ludovic Brossard, conseiller municipal délégué à l’agriculture. 

Devant ses collègues, Sandrine Caroff-Urfer enfonce le clou. « S’il chiffre le préjudice subi par l’arbre après-coup, autrement dit quand c’est trop tard, il ne permet pas de faire de la prévention. Il n’empêchera pas un abattage. Il n’empêchera pas non plus une coupe du système racinaire lors de travaux menés sur la voirie ou sur les réseaux enterrés. (…) Ce barème ne suffira pas enfin à restaurer la confiance citoyenne avec la municipalité. Car sans revenir sur le déboisement illégal des arbres de l’avenue Janvier pour lequel la ville de Rennes a été condamnée, d’autres coupes ou autres continuent jour après jour de choquer.  Il serait donc judicieux de mettre de la cohérence entre les paroles et les actes. »

En orange, les arbres bientôt abattus.

Infos + « Cet outil de calcul permet d’adopter un langage commun, celui de la valeur monétaire », ajoute Sandrine Caroff-Urfer. « Il marque une intention louable. Mais les bonnes volontés ne suffisent plus. Où en est-on de l’objectif de 30 000 arbres plantés d’ici la fin du mandat ? Une cartographie montrant les différentes essences et leur localisation est-elle communicable au public ? » Réponse de la mairie. « On gagne en qualité et en quantité. Le nombre d’arbres va en croissance sur la ville de Rennes », assure Didier Chapellon

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jean-christophe collet

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