À Rennes, certaines vitrines attirent le regard plus que d’autres. Rue d’Antrain, celle de la Pharmacie du Progrès en fait clairement partie. Au fil des saisons, elle change de visage. Elle passe d’un décor estival dinardais à un univers marin peuplé de poissons colorés pour Pâques, puis à une scène de Noël presque féerique.
Derrière ces mises en scène insolites, il y a une envie de suspendre le temps, de créer un moment d’étonnement dans le quotidien. La décoration fait lever les yeux, ralentir le pas, parfois sourire le chaland. Peu à peu, la vitrine devient un repère dans la ville, presque un rendez-vous silencieux pour les habitués, les curieux et les touristes.
La Pharmacie du Progrès n’est pas nouvelle dans le paysage rennais. Elle est une maison ancienne, installée depuis longtemps, qui a vu défiler des générations de clients et de patients. À l’intérieur, le rituel reste le même, précis et rigoureux, au service des Rennais et des Rennaises. Mais à l’extérieur, le remède s’exprime autrement. Sans en faire trop, la pharmacienne Chrystèle Hervé insuffle une identité singulière à son officine. Elle y ajoute une part de légèreté qui fait du bien, un bien fou.
Ce contraste n’est finalement pas si surprenant. L’apothicaire, autrefois, n’était pas seulement celui qui préparait des remèdes. Il était aussi une figure à part, à la frontière entre science et imaginaire, entourée de fioles, de poudres et de mystère. Sans aller jusque-là, la Pharmacie du Progrès prolonge à sa manière cet héritage : un lieu sérieux, mais jamais austère. À voir au 5 rue d’Antrain.


