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COUVENT DES JACOBINS : L’HABIT FERA-T-IL LE MOINE !

Tout au long du week-end, de nombreux incidents ont émaillé les Assises de la citoyenneté se déroulant au centre des Jacobins et organisées par le Journal Ouest-France. Ils démontrent encore une fois que le palais des congrès cristallise la réprobation d’une certaine frange de la population rennaise. 

Durant deux jours, le “Vivre ensemble” était à l’ordre du jour. Durant deux jours, le monde politique et médiatique discutait autour de tables rondes devant des citoyens lambda. Mais ces débats ont visiblement déplu à certains. Vendredi matin, la matinale de France Inter, en direct des Jacobins, a été perturbée (voir notre article : https://www.rennes-infos-autrement.fr/au-couvent-la-matinale-de-france-inter-chahutee/) et de nombreux stands de “contestation citoyenne” ont été installés aux abords du centre des Congrès. Une distribution du journal Vivrensemb’ et du petit livre Eau tiède connection a été effectuée par quelques activistes https://expansive.info/19-janvier-Soiree-de-lancement-Eau-tiede-connection-et-Vivrensemb-763.

Samedi midi, rebelote. À l’heure de la sortie du marché, l’effigie d’un représentant du patronat a été brûlée en place publique devant une centaine de personnes de plusieurs associations. “La jonction est désormais officialisée : démocratie et économie avancent main dans la main pour préparer le monde de demain. La collusion est maintenant gravée dans le marbre au couvent des Jacobins, sous la surveillance des caméras toujours plus nombreuses de la place Sainte-Anne et ses alentours, expliquait sous couvert de l’anonymat un internaute sur sa page Facebook, https://www.facebook.com/rennesdelarue/

                                    Un certain mécontentement

Présents sur les stands, de nombreux activistes expliquaient leur mécontentement. “Le centre des Congrès est un scandale financier”, confiait Laurent, un habitant de la rue de Saint-Malo. “Le montant des travaux a plus que doublé par rapport au budget de départ (de 40 millions à 107 millions). Qui va payer ? La mairie s’est engagée à couvrir les déficits de 950.000 annuels jusqu’à 2025.”

Militant associatif, Pascal va plus loin. “Pour nous, les Rennais, c’est la double peine : il y a d’abord le coût exorbitant d’un centre des affaires qui sera de toute façon déficitaire, et puis, pour combler le manque de congrès d’affaires il y a le bidouillage d’événements comme celui-ci (ndlr : les Assistes de la citoyenneté), mais que nous payons de manière indirecte.”

Beaucoup de riverains dénoncent les “cinq ans de travaux”. “Nous avons vécu les chantiers, les désagréments, les poussières”, indique une jeune femme. “Mais en retour, nous n’avons même pas été conviés personnellement au couvent des Jacobins. Pis, on a le sentiment d’un entre soi entre une certaine population…”

Moins critique, un entrepreneur rennais reproche uniquement son lieu. “La mairie savait que l’implantation d’un centre des congrès consacré aux affaires dans ce quartier de fêtards de Saint-Anne était risquée. Mais ils ont certainement pensé que la contestation s’affaiblirait au rythme des événements qui amèneraient de l’activité dans le quartier. Personnellement, je vois mal des événements économiques importants être organisés dans ce quartier.”

                                            Un bâtiment remarquable

A l’inverse, de nombreux Rennais s’enthousiasment pour cet édifice. “La réhabilitation est magnifique”, confie un visiteur. “Elle met en avant un bâtiment remarquable. Elle accueillera des manifestations d’une grande qualité comme les Assises de la citoyenneté. On ne peut que s’en féliciter !”, ajoute-t-il. Même son de cloche chez Adeline. “Il faut arrêter de tout critiquer, le centre des congrès est une réussite économique, une belle image pour notre ville.”

“Le centre des congrès a pu être testé grandeur nature avec énormément de passage”, explique un élu de droite, Gurval Guiguen, sur les réseaux sociaux.  “Les conférences ont fait salle comble et des milliers de visiteurs (il y avait 5 000 inscrits) s’y s’ont pressés. C’est un beau succès. Espérons de nombreux autres événements de cette envergure dans une ville universitaire qui aime réfléchir.”

À titre personnel, comme riverain, élu local et surtout Rennais, il déplore “vivement que l’on ait eu à supporter, place Sainte-Anne et dans certaines conférences, les prises de parole agressives et le tintamarre permanent de l’extrême-gauche. Quelle triste image pour la Bretagne et notre ville.”  Pour lui, l’occupation de l’espace public par ces manifestants permanents est insupportable. “Au nom de quoi la tolère-t-on ? Où est l’autorité publique ? Peut-on encore organiser à Rennes un événement serein où les gens s’écoutent, réfléchissent et interagissent sans se faire insulter ? Nous sommes beaucoup trop faibles avec une minorité très agissante.”

Un avis partagé par Jérôme. “Après la salle de la Cité, le centre des Jacobins est-il le nouveau bastion à prendre ? Comment peut-on accepter la prolifération de l’insécurité aux abords du centre des Jacobins ? Dans d’autres villes, on ne lâche pas. On fait des contrôles permanents, réguliers, périodiques. À Rennes, on n’a plus trop le choix. Soit on sévit et le centre des Jacobins deviendra ce que l’on veut qu’il y soit. Soit on laisse faire et le centre des Jacobins organisera des conférences altermondialistes…”

Le cloître.

Les à-côtés des Assises

Des associations dans le sous-sol… “Lors des Assises de la citoyenneté, nous étions confinés dans le sous-sol”, explique un membre d’une association invitée aux Assises de la citoyenneté. “À l’étage, en revanche, cela festoyait gaiement !” ajoute-t-il un brin ironique. “Le vivre ensemble n’était pas pour tout le monde ! “

Les 300 premiers invités. Pas toujours facile d’entrer lors des Assises de la citoyenneté. Il fallait se lever très tôt… “Pourtant, j’étais inscrite pour assister aux conférences. Mais visiblement, cela ne suffisait pas… je n’ai pas pu rentrer dans une des salles…”

Une élue conspuée. Une élue de la droite a été conspuée au moment de son arrivée au couvent des Jacobins, lors des Assises de la citoyenneté. Elle avait eu le malheur de s’interroger lors d’un récent conseil municipal de Rennes sur l’insécurité aux abords du centre des Jacobins.

Doit-on parler des incidents ? “Oui et encore oui, ne rien dire est au contraire contreproductif” dit un enseignant, Bernard. “Jouer la censure fait le jeu des plus hostiles. Il faut dire, tout dire. C’est ce qui fait avancer le vivre ensemble.”

A propos de l'auteur

Jean-Christophe COLLET

J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

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