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samedi 8 août 2026
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Construire un barrage pour la baignade peut vous coûter très cher

Ils ne pensent surtout pas à mal… mais la préfecture voit rouge. Dans les cours d’eau du département, de nombreux petits barrages artisanaux apparaissent. Problème : cela fausse les mesures dans le contexte actuel de sécheresse.

« En pleine période de sécheresse, la multiplication de barrages artisanaux et d’obstacles dans les cours d’eau bretons fausse les mesures officielles et menace la biodiversité locale » : les services de la préfecture en ont assez. Récemment, de nombreuses interventions d’agents ont été nécessaires. Motif : des petits barrages, faits de branchages ou de pierres entassées, fabriqués par les vacanciers. En créant ainsi des retenues d’eau artificielles, ils obtiennent des petits bassins propices à la détente. « C’est illégal », répond la préfecture qui implore de ne pas modifier l’écoulement naturel de l’eau.

C’est si grave ?

Oui ! Car il existe en Ille-et-Vilaine 140 stations de mesure qui contribuent à faire évoluer le plan sécheresse. Si on bloque l’eau en amont, les capteurs alertent alors sur un manque d’eau en aval. Les données collectées ne sont alors plus fiables car artificiellement modifiées. Les services de l’État prennent alors des mesures de restriction pour les habitants… Alors que l’eau est bien là, mais retenue plus haut. « Nous nous appuyons sur cette évaluation pour identifier l’enjeu de limiter les prélèvements en eau notamment via des arrêtés préfectoraux, permettant ainsi d’en sauvegarder les usages prioritaires », rappelle la préfecture.

« Ces derniers jours, des obstacles à l’emplacement de certains cours d’eau et au niveau de certaines zones de mesure ont été observés, comme des pierres installées pour rehausser la hauteur d’eau et créer une petite zone de baignade », indique la préfecture.

Par ailleurs, réduire ou stopper le débit des rivières de manière non contrôlée met directement en danger leur équilibre écologique. Ces retenues provoquent des variations de température, la prolifération d’algues, une baisse de l’oxygénation et une altération de la dynamique des sédiments, autant de risques majeurs pour les organismes aquatiques.

Pour rappel, modifier le libre écoulement des eaux ou détruire le milieu de vie de la faune aquatique constitue une infraction au Code de l’environnement. Les auteurs de ces aménagements illégaux s’exposent à une amende immédiate allant jusqu’à 1 500 € (contravention de 5e classe), assortie de l’obligation de remettre le site en état à leurs frais et jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 100 000 € d’amende pour les dégradations ou installations les plus volumineuses.

Julien Moreau
Julien Moreau
Julien Moreau est journaliste de presse locale et chroniqueur judiciaire. Diplômé d'école de journalisme en 2008, il a depuis été reporter pour les rédactions du Parisien-Aujourd'hui en France, Ouest France et le Télégramme. Il a également collaboré avec la presse nationale (Le Canard Enchaîné, Le Nouvel Obs, 60 millions de consommateurs et Canal+) comme correspondant justice et politique.

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